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ECONOMIE

Dons, échanges commerciaux... comment le Maroc sera impacté par le blocus sur le Qatar

Avec le récent blocage diplomatique et économique imposé sur le Qatar, le petit émirat énumère les impacts sur son économie. De même pour le Maroc, qui entretient de bons liens avec ce pays partenaire.

Dons, échanges commerciaux... comment le Maroc sera impacté par le blocus sur le Qatar
Sara El Hanafi
Le 6 juin 2017 à 15h31 | Modifié 11 avril 2021 à 2h41

Suite au blocus imposé sur le Qatar par plusieurs pays, la question se pose: quels en seront les impacts sur les relations commerciales et économiques avec le Maroc? Le Royaume reçoit des dons de l'Émirat et envisage de développer ses échanges commerciaux avec lui. A chaud, en voici quelques impacts possibles:

> Dons du CCG

Sous le règne de Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, l'actuel Émir du Qatar, les relations économiques entre le Maroc et le Qatar ont fait peau neuve, lorsqu'en décembre 2013, l'Émir a effectué sa première visite officielle au Royaume.

Une visite qui s'est couronnée par la signature de 4 conventions de coopération, donnant le coup d'envoi du déblocage de la part du Qatar des dons du Golfe, à savoir 1,25 MM$, dans des projets de développement et des partenariats public-privé dans le cadre d'importants investissements d'infrastructures.

Les dons du Golfe, ce sont 5 MM$ que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont engagés à verser au Maroc, sur une période de 5 ans. Selon Bloomberg, le Qatar est le plus grand prêteur du CCG.

Les conséquences du blocus imposé sur le Qatar sur le fonctionnement du CCG et de son mécanisme d'octroi des dons sont, à présent, indéniables; ce qui pourra affecter l'ampleur de l'aide financière octroyée au Maroc..

> Échanges commerciaux

Le volume des échanges commerciaux enregistré entre le Maroc et le Qatar n'a pas dépassé les 70 millions de dollars, en dépit des diverses initiatives pour le développer. Le blocus diplomatique et économique imposé au Qatar ne risque pas de changer la donne, vu que l'Emirat ne peut profiter pleinement de ses liaisons terrestres, maritimes, mais également aériennes, suite à la fermeture des espaces aériens entre le Qatar, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, et l'Égypte.

Esquiver les espaces fermés implique des coûts et un temps plus élevé, affectant ainsi la compétitivité du Qatar, surtout pour ses routes vers l'Afrique et, plus particulièrement le Maroc, qui veut élargir ses échanges commerciaux avec l'Emirat.

Parmi les ambitions affichées, l'éventuel approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le Qatar, dans le cadre de la stratégie de mix énergétique du Royaume lancée en décembre 2014 et qui vise, entre autres, de porter la part du gaz naturel liquéfié dans le mix énergétique de 10% à 30% à l'horizon 2025.

En effet, les ministères de l'Énergie des deux pays avaient signé, en avril 2016 à Doha, un mémorandum d'entente dans les secteurs du pétrole, du gaz, de l'électricité, des énergies renouvelables et de l'utilisation de l'énergie, pour développer la coopération bilatérale dans le domaine.

> Transport aérien

Au niveau de l'aviation civile, rappelons le projet de rapprochement entre Qatar airways, classée meilleure compagnie aérienne en 2015 et une des plus prestigieuses compagnies aériennes du monde, et la compagnie nationale Royal Air Maroc.

En novembre dernier, Akbar El Baker, PDG de Qatar airways, avait annoncé, lors de sa première conférence de presse au Maroc, l'ambition de la compagnie qatarie de prendre une participation dans Royal Air Maroc, à travers une augmentation de capital, sans pour autant livrer plus de détails.

Un partenariat win-win car si la RAM veut développer ses dessertes en Asie, la compagnie qatarie veut, pour sa part, conquérir les cieux africains, et ce grâce à la RAM, bien implantée dans le continent.

Mais à présent, ce deal qui semblait si sûr, est moins certain.

Actuellement, Qatar airways se retrouve impactée par les aléas liés à la fermeture des espaces aériens, qui bouleverse les routes de ses dessertes et, par conséquent, les durées des vols et leurs horaires, et lui cause plusieurs crises.

Ceci étant, l'impact financier est lourd pour la compagnie qatarie. Ce sont plus de 50 vols quotidiens qui sont opérés vers les pays ayant imposé le blocus, soit 10% du total des sièges dont dispose la compagnie.

En effet, la compagnie opère 14 vols par jour vers Dubaï seulement, en plus de vols fréquents vers Riyad, Le Caire... et d'autres destinations au Bahreïn, en Égypte, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. La plupart des passagers utilisent ces lignes pour transférer vers ou depuis des longs courriers, qui constituent la part la plus importante des revenus de Qatar airways.

"Si les restrictions de vol perdurent, les gains de Qatar airways pourraient régresser de 30% à cause de la perte du trafic et d'avions inactifs, en plus des coûts relatifs aux vols détournés, entre autres", explique le cabinet de consulting Frost & Sullivan, cité par Bloomberg.

Ces perturbations auront donc indéniablement des impacts négatifs sur les plans d'expansion de la compagnie qatarie, y compris au Maroc avec la RAM, qui devrait plutôt rationaliser ses dépenses et investissements afin de bien gérer les aléas du blocus aérien.

Enfin, les rares investissements qataris identifiés par nos soins au Maroc, dont la prise de participation dans Umnia Bank, ne devraient pas être impactés par la situation de blocus que vit l'émirat.

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Sara El Hanafi
Le 6 juin 2017 à 15h31

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