Ce qu'il faut savoir sur le monoxyde de carbone, la bombe lacrymogène et le sphygmomanomètre
Le Centre anti-poison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) émet une série de recommandations relatives à l'usage de trois appareils: chauffage, bombe lacrymogène et sphygmomanomètre.
Pour prévenir l’intoxication par le monoxyde de carbone, les utilisateurs des appareils de chauffage et ceux de production d’eau chaude fonctionnant avec le gaz butane sont invités à veiller à suivre les recommandations suivantes:
- Acheter un appareil qui répond aux normes de sécurité,
- Lire la notice technique et d’emploi avant d’installer l’appareil,
- Confier l’installation à un professionnel qualifié,
- Ne pas installer le chauffe-eau dans un endroit fermé qui n’est pas bien aéré,
- Installer une canalisation adaptée pour l’évacuation des gaz brulés à l’extérieur.
En cas d’intoxication:
- bien aérer le lieu d’intoxication en ouvrant les portes et les fenêtres,
- arrêter la source de production du monoxyde de carbone,
- extraire la victime du lieu de l’intoxication et éloigner toute autre personne,
- appeler le Centre anti poison sur le numéro de téléphone économique: 0801 000 180 (des médecins spécialistes répondent 24h/24 et 7j/7).
Bombes lacrymogène, un danger réel
Au Maroc, la vente et l’acquisition des bombes lacrymogènes est interdite par la loi. Cependant, leur usage reste large à cause du commerce non formel.
A long terme, les gaz lacrymogènes peuvent être responsables d’effets cancérigènes, tératogènes et de fibrose pulmonaire, note le centre.
Le CAPM attire l’attention sur leur danger et appelle les secteurs concernés (ministères de l’Industrie et du commerce, ministère de l’Intérieur, service des Douanes et autorités locales) à prendre les mesures préventives nécessaires en appliquant la loi en vigueur.
En cas d’exposition aux gaz lacrymogènes, il est conseillé de:
- rassurer et éloigner la victime du lieu de l’application de l’aérosol,
-éviter impérativement de toucher le visage et de frotter les yeux,
- se moucher et cracher, pour évacuer les produits chimiques,
Chaque professionnel de santé confronté à cette problématique doit:
- surveiller les femmes enceintes de façon particulière,
- prévoir des radios pulmonaires à distance pour les personnes ayant présenté des atteintes pulmonaires.
Sphygmomanomètres et risque d’exposition au mercure
De tous les appareils à mercure à usage médical, ce sont les sphygmomanomètres (instruments qui permettent de mesurer la pression artérielle) qui contiennent le plus de mercure (80 à 100 g de mercure par appareil) et en constituent l’un des réservoirs les plus importants en milieu de soins.
Après inhalation, le mercure peut avoir des effets délétères sur les systèmes nerveux, digestif, pulmonaire, immunitaire et rénal.
Les symptômes d’intoxication au mercure peuvent être les suivants: tremblements, troubles visuels et auditifs, paralysie, insomnie, instabilité émotionnelle, développement insuffisant chez le fœtus, troubles de l’attention, retard du développement chez l’enfant et le décès.
En optant pour les sphygmomanomètres anéroïdes (tout aussi fiables), l’établissement de soins peut contribuer à réduire le risque d’exposition des patients, du personnel et de l’environnement au mercure.
En attendant un remplacement, et pour tout accident de déversement de mercure, il est recommandé de contacter le CAPM, pour s’enquérir des moyens de nettoyage et d’élimination adéquats du mercure.