Al Hoceima: poursuite des manifestations, les politiques réagissent
Quelques heures après l’annonce de l’arrestation de Nasser Zefzafi à Al Hoceima lundi matin, les manifestations se sont poursuivies dans l’après-midi et dans la soirée. Les politiques commencent à faire entendre leur voix face à la dégradation de la situation.
Nasser Zefzafi a été arrêté lundi 29 mai dans la matinée et dans l’après-midi les manifestations, très suivies, ont repris à Imzouren, appelant à “la fin de la militarisation“ et scandant “nous sommes tous des Zefzafi“. Imzouren est situé à 16 km au sud-est d’Al Hoceima.
Lundi dans la soirée et pour la 4e nuit consécutive, des rassemblements pour la satisfaction des revendications du mouvement populaire et pour la libération des personnes arrêtées entre le vendredi 26 et le lundi 29 mai se sont tenues à Al Hoceima et dans des petites villes alentour comme Beni Bouayach voisine d’Imzouren. Médias 24 a pu apprendre que suite aux arrestations, un premier collectif d’avocats pour la défense des détenus du Hirak et des personnes arrêtées s’est constitué.
Les premières audiences des personnes interpelées se tiennent à partir de 13H ce mardi 30 mai au tribunal de première instance d’Al Hoceima.
PJD, Istiqlal et USFP
Dans la nuit de lundi à mardi, les sections d’Al Hoceima du PJD, de l’Istiqlal et de l’USFP ont de leur côté publié un communiqué demandant la fin de l’approche sécuritaire et la libération des personnes arrêtées. Selon le procureur du roi sur place, 40 personnes ont été arrêtées dont 32 ont été déférées et seront traduites devant la justice (dont 7 en état de liberté).
Plus tôt lundi au parlement à Rabat, le député Mohamed Khiyi (PJD) avait interpellé le ministre de l’intérieur Abdelouafi Laftit sur la dispersion violente du rassemblement de soutien au Hirak tenu dimanche 28 mai dans la soirée place des Nations à Tanger. De très nombreux blessés étaient à déplorer et Khiyi parle d’utilisation de “baltajis –des nervis- munis de cravaches“. Le ministre de la communication et de la culture a été également interpellé sur l’usage de fausses images par la TVM et Médi 1 TV pour illustrer leurs reportages sur les heurts à Al Hoceima.
Selon des sources de presse enfin, le directeur du site Rif24.com qui a couvert de près les actions du Hirak au cours de ces derniers mois a été arrêté. Son site se trouve depuis lundi en “mode maintenance“.
Inquiétudes
Devant une détérioration d’une situation de l’ordre public depuis plus de six mois sans que les pouvoirs publics n’aient trouvé de solution satisfaisante, les craintes au sujet d’un ratage de la saison touristique au Nord cet été mais également ailleurs au Maroc commencent à poindre. Moins de visiteurs, cela signifie moins de revenus pour les professionnels et les familles et donc un peu plus de problèmes sociaux.
Selon des observateurs, “l’image du pays souffrira des événements actuels“. La presse européenne consacre plusieurs articles chaque semaine maintenant à la crise sociale à Al Hoceima. En Europe, les manifestations de soutien au Hirak se multiplient. Madrid a de nouveau abrité une réunion de la coordination européenne ce dimanche et des manifestations de soutien se sont tenues à Paris, Bilbao, Bruxelles et Barcelone.
Certaines ambassades du Maroc, enfin, subissent des manifestations des soutiens au Hirak.