Au Maroc, plus de détenus, moins de moyens
Les moyens matériels et humains alloués au secteur pénitentiaire n'accompagnent pas la hausse considérable de la population carcérale, qui a atteint un nombre record dépassant 80.000 prisonniers.
C'est ce qu'a affirmé, mercredi 24 mai à Rabat, le délégué général de l'Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Mohamed Salah Tamek.
Intervenant devant la commission de Justice à la chambre des conseillers, M. Tamek a précisé que cette situation est à même d’aggraver le phénomène de la surpopulation des établissements pénitentiaires, ainsi que les différentes conséquences négatives qui en résultent.
Cette surpopulation entrave les efforts visant à garantir des conditions de détention protégeant la dignité de ces prisonniers, d’assurer leur sécurité et de mettre en place des programmes de qualification à même de faire face au phénomène de la récidive, a regretté M. Tamek.
Les 400 postes budgétaires, destinés à la DGAPR au titre de l’exercice 2017, ne suffisent pas pour répondre aux besoins en terme de ressources humaines, surtout que de nouveaux établissements pénitentiaires vont être ouverts cette année, a-t-il ajouté.
La DGAPR a ouvert, au cours des deux dernières années, 11 établissements pénitentiaires, tandis que 8 anciens établissements ont été fermés en raison de leur situation ne répondant aux standards requis.
M. Tamek a, dans ce sens, souligné le lancement des projets de construction de cinq établissements pénitentiaires et la mise en place d’un programme prévisionnel pour la construction de 9 autres à l'horizon 2021, dans des zones qui ne disposent pas de prisons.
Les projets réalisés ont permis de diminuer le taux de surpeuplement de 45% en fin 2014 à 38% en fin 2016, et d’améliorer l'espace d'hébergement réservé à chaque détenu, en le portant de 1,59 m2 en fin de 2012 à 1,86 m2 à la même période de 2016, a fait valoir M. Tamek.
(Avec MAP)