Situation à Al Hoceima: ce que proposent Moro, Saoud et Ahidar
Deux élus marocains, Omar Moro et Mohamed Saoud et un élu belge originaire du Rif, Fouad Ahidar exposent quelques-unes de leurs propositions pour soutenir l’activité économique et la création d’emplois dans la région du Rif.
“La chambre de commerce de Tanger-Tétouan-Al Hoceima participe activement aux réunions en cours sur la relance économique et milite pour la mise en place rapide d’un environnement d’affaires meilleur“, indique son président Omar Moro à Médias 24.
Moro évoque “l’amélioration du réseau routier, des liaisons aériennes et des zones industrielles“. Mais il indique également “qu’un investisseur n’ira à Al Hoceima que s’il y dispose d’avantages comparatifs sur le foncier et les programmes des écosystèmes“ rapportant des remarques d’hommes d’affaires rifains établis à Tanger.
Industrie, tourisme et city branding
Pour Moro, trois priorités se dessinent après six mois de contestation sociale à Al Hoceima:
1/ Il faut adapter l’offre en formation professionnelle régionale en l’orientant vers les secteurs de l’industrie avec l’automobile et le textile et le secteur du tourisme.
2/ Prolongement du premier point, Moro juge “qu’il faut faire le choix de l’industrie et du tourisme dans la province d’Al Hoceima“.
3/ Le président de la CCIS du nord-ouest juge “le moment venu pour travailler sur l’image de la ville, le “city branding“, la définition d’une marque pour la ville comme cela a été fait pour la côte de Tétouan avec Tamouda par exemple.
Cependant, Omar Moro qui se trouve en contact avec des investisseurs intéressés d’investir à Al Hoceima souligne que “rien ne sera possible, aucun investissement privé ne sera possible, s’il n’y a pas un retour au calme complet sur la région“. Moro indique par ailleurs à Médias 24 que la CCIS lance une étude sur les écosystèmes régionaux qui sera livrée à fin juillet 2017.
Exécutifs régionaux et autonomie financière
Le premier vice-président du conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima l’istiqlalien Mohamed Saoud indique de son côté que “l’on peut reprendre les choses avec un geste d’apaisement politique en décrétant une mesure d’amnistie des poursuites judiciaires pour les 30.000 agriculteurs recherchés pour cultiver du cannabis“. Mohamed Saoud était notamment l’invité de Maghreb TV cette semaine pour y être interrogé sur la situation à Al Hoceima.
Sur le volet institutionnel, Saoud défend l’idée d’avoir “des exécutifs régionaux dotés de l’autonomie financière“, critiquant au passage “le faible rôle des élus locaux que l’on voit peu durant cette crise“. Mohamed Saoud suggère également que “ne soient annoncés que les projets certains d’aboutir“, Fouad Ahiddar précisant “qu’il devient obligatoire de n’annoncer que des projets avec leurs fiches techniques et leurs délais de réalisation“, citant l’exemple de l’hôpital d’Imzouren dont “les travaux ont été lancés au lendemain du séisme de 2004, inauguré en 2010 et qui reste fermé à ce jour“.
Fouad Ahidar dont la famille est installée en Belgique depuis un demi-siècle est aujourd’hui premier vice-président du parlement de Bruxelles. Lui-même né à Malines, à mi-chemin entre Bruxelles et Anvers en 1973, sa famille est originaire de la province d’Al Hoceima. Comme Moro, il rappelle que l’amélioration de l’environnement des affaires est important avec notamment un meilleur réseau routier et plus de liaisons aériennes, soulignant que les taxes d’aéroport sont plus élevées à Al Hoceima (35 euros par passager) qu’aux aéroports de Casablanca (25 euros) , Rabat (19 euros) ou Fès (15 euros).
Fouad Ahidar croit fermement enl’initiative privée dans la région. Il est arrivé à Al Hoceima ce jeudi 25 mai pour quelques jours. Parmi ses objectifs, figurent la préparation d’une mission d’investisseurs belges dans la région, la rencontre des élus et la visite de sites et d’infrastructures. “Pour la mission d’affaires, il ne s’agira que d’entrepreneurs ayant l’intention d’investir dans les 4 à 5 mois à venir car la situation l’exige“, précise M. Ahidar.