Un événement. L'ONEE réalise en 2016 son premier bénéfice depuis 1999
Pour l’ONEE, l’horizon s’éclaircit. La conjoncture favorable d’un côté, les effets du contrat-programme de l’autre, ont permis à l’opérateur national de réaliser en 2016 le premier résultat bénéficiaire depuis 1999 et de reprendre la maîtrise de sa trésorerie.
Mercredi 24 mai: réunion du comité de pilotage du contrat-programme entre l’Etat et l’ONEE, pour la période 2014-2017. Saâd Eddine El Otmani préside. Le contrat-programme entame bientôt son dernier semestre. Le bilan, qui est effectué sous la supervision des Finances, est encourageant.
Le premier point d’évaluation est la satisfaction de la demande. Cette dernière n’a pas connu, en 2016, de croissance importante. L’ONEE a satisfait les besoins sans problèmes. Sur le plan technique, il a amélioré ses prestations, fournissant des opérateurs très exigeants et ne tolérant pas la moindre microcoupure, comme Renault à Tanger.
Différentes sources internes au sein de l’Office évoquent un rétablissement de la confiance avec les bailleurs de fonds et avec tous les partenaires.
A l’ONEE, on estime que l’office a réalisé environ 80% des engagements qu’il a pris dans le cadre du contrat-programme en matière d’investissements.
Le contrat-programme est grosso modo basé sur trois piliers: l’effort des consommateurs, l’effort du prestataire ONEE et l’effort de l’Etat. Nos sources estiment que les trois parties ont contribué à l’amélioration de la situation de l’Office, sans compter la conjoncture favorable en matière de prix du charbon et du pétrole.
Si le prix de l’électricité a été révisé à la hausse, ce n’est pas le cas de l’eau. Depuis janvier 2017, une commission travaille sous l’égide du ministère des Affaires générales et de la gouvernance pour examiner les différents scénarios concernant le prix de l’eau.
Pour l’électricité, avant le contrat-programme, l’Office perdait 0.30 DH par kWh vendu.
Autre problème en suspens, le remboursement du butoir de TVA. En 2016, l’ONEE a perçu 2,5 MMDH d’arriérés de la part de l’Etat. Mais le butoir se reconstitue rapidement. Et la trésorerie en souffre. L’ONEE n’est pas le seul gros investisseur qui est dans ce cas. La question d’une révision des taux de TVA ou d’une exonération des investissements.
Enfin, pour la première fois depuis 1999, l’ONEE a réalisé en 2016 un bénéfice net. Il se chiffre à 790 MDH, contre une perte de 2,8 MMDH en 2015.
Le contrat-programme qui a donné donc de bons résultats, arrive à échéance fin 2017. Sera-t-il prolongé d’un an ou renouvelé pour une période plus longue? Ce qui a été décidé au cours de la réunion du comité mercredi, c’est de refaire une évaluation en fin de parcours avant de prendre une décision finale.
Au cours de la période 2014-2016, il a été notamment procédé à la conclusion de grands contrats d’investissement qui ont concerné notamment la Centrale thermique de Safi, qui couvrira 25% de la demande nationale en électricité à l’horizon 2018, ainsi que le projet de création d’une station de dessalement d’eau de mer à Agadir qui approvisionnera en eau potable les populations de la ville et des zones avoisinantes.
Concernant le bilan du contrat-programme, l’Etat a alloué 1,8 milliard de dirhams (MMDH) à l’Office, comme soutien forfaitaire sur le fuel, a augmenté les fonds propres de cet établissement de 2 MMDH et a remboursé 2,5 MMDH au titre de la taxe sur la valeur ajoutée, inscrite comme prêt sur l’Etat.
Au cours de la même période, de 2014 à 2016, l’ONEE a pu, de son côté, réaliser un montant d’investissements de l’ordre de 29 MMDH, dont 15,7 MMDH pour le secteur de l’électricité, 13,1 MMDH pour le secteur de l’eau et de l’assainissement liquide et ce, malgré quelques obstacles liés principalement au foncier.
Le taux de généralisation de l’adduction en eau potable en milieu rural a atteint 96%, alors que le taux de la couverture du réseau d’électricité a dépassé 99,4%.
L’Office a réussi à épargner un montant de 3 MMDH au titre de la période 2014-2016, à améliorer le résultat net qui est passé d’un déficit de 2,8 MMDH fin 2013 à un bénéfice de l’ordre de 790 millions dirhams (MDH) et à doubler la capacité d’autofinancement qui a atteint 8,8 MMDH à fin 2016 contre 4,2 MMDH à fin 2013.