Poisson. Pourquoi les prix flambent-ils pendant le ramadan?
Chaque ramadan, certaines espèces deviennent hors de prix, notamment dans certaines régions où la consommation de poisson atteint des records sur l’année. Les deux premières semaines sont les plus marquées par la hausse.
"La préparation des briouates à base de poisson et de fruits de mer a déjà commencé. La demande de ces produits a sensiblement augmenté provoquant une forte hausse des prix", nous déclare Moulay Abdellah Elidrissi, directeur du pôle exploitation et animation commerciale à l’Officie national des pêches.
Un tour au marché de gros de Casablanca -100.000 tonnes par an soit près de 70% du marché intérieur- confirme cette tendance haussière dont les prémisses datent de quelques jours déjà. C'est aussi dans la région de Casablanca-Settat que les prix subissent les plus fortes augmentations.
Les prix de certaines espèces, stars du marché durant cette période, passent carrément du simple au double, voire plus. Exemple: les petites crevettes roses proposées ce mercredi 25 mai à 150 DH (prix de gros), contre 50 à 60 DH en moyenne.
"Courant ramadan, les prix augmentent pour des espèces que les Marocains ont l’habitude de consommer frites, notamment la sardine, la sole, le merlan. C’est un phénomène qui concerne surtout la première semaine de ramadan, d’après ce que nous avons pu constater ces dernières années", précise M. Elidrissi.
La hausse commence à se tasser dès la deuxième semaine et une fois la deuxième quinzaine entamée, les prix reviennent à leurs niveaux d’avant ramadan, selon la même source. Une tendance confirmée au fil des années.
Dans le nord du pays, la hausse n’est pas aussi sensible du fait d’habitudes de consommation différentes basées sur une forte consommation de poisson tout au long de l’année.
D’autres facteurs entrent en jeu
Outre le changement des habitudes de consommation des ménages, deux autres facteurs impactent les niveaux des prix durant cette période:
"Compte tenu de l’augmentation de la demande, des intermédiaires saisonniers investissent ce secteur. Les marges en cascade impactent mécaniquement le prix final", poursuit M. Elidrissi.
Les conditions climatiques jouent également dans la détermination du prix. "En cas de mauvais temps et de houle, il n’est pas possible de pêcher", ajoute-t-il.
Quelques jours de pluie suffisent à chambouler le marché d’autant plus que les Marocains préfèrent consommer du poisson frais capturé par les flottes côtière et artisanale.
Ci-dessous un suivi des prix moyens au niveau des halles et marchés de gros durant les ramadan 2016 et 2015

(2016)

(2015)
Paradoxalement, les prix moyens au niveau des halles, premier point de débarquement des captures, sont plus élevés qu'au niveau des marchés de gros compte tenu de la présence de produits destinés à l'exportation.
Les données ci-dessus concernent toutes les halles et tous les marchés de gros. Des disparités de prix existent avec des niveaux records au niveau de Casablanca par exemple où la demande est des plus fortes.