Education: Un atlas du CEFRS pointe les inégalités territoriales
La durée moyenne de scolarisation au Maroc est parmi les plus faibles au monde. Dans certaines communes, cette durée ne dépasse pas une année.
"La scolarisation de la population marocaine âgée de 15 ans et plus a une durée moyenne de 5 années et 6 mois, c’est-à-dire moins que les six années d’études primaires." C'est ce qui résulte de l'Atlas territorial des disparités en éducation 2017, présenté ce 24 mai par l'Instance nationale d'évaluation (INE). Ce rapport peut être intégralement feuilleté ci-dessous.
Le Maroc fait pire que les trois quarts des pays du monde, qui "dépassent largement le seuil de 6 années, voire plus de 12 années pour les quinze premiers pays." En effet, à l’échelle internationale, il se situe à la 136ème place par rapport à 175 pays.
En comparaison avec les pays arabes, le Maroc fait mieux que la Mauritanie (4.83), le Yemen (4.29) ou le Soudan (3.60). Cependant, il est loin derrière les trois champions: Jordanie (10.02), Emirats arabes unis (9.25) et Palestine (9.12). En fait, le Maroc est classé dixième sur les treize pays arabes recensés.
A quoi est ce dû? Notamment à la faible proportion de la population ayant atteint le niveau supérieur, indique l'INE. En 2014, elle s'établissait à 8,5%. Un pourcentage comparable à la valeur enregistrée dans la région MENA en 2000, et inférieure à celle affichée pour les pays développés au début des années soixante-dix.
L'Atlas s'est intéressé au positionnement du Maroc en termes d’égalité des chances dans l’accès à l’éducation. L'INE s'est ainsi référé à l'indice de Gini de l'éducation. Une valeur de l’indice de Gini proche de «0» indique l’absence totale d’inégalité dans l’éducation au sein de la population tandis qu’une valeur proche de «1» dévoile un niveau d’inégalité maximale.



Là aussi, le Royaume fait pâle figure: 150ème au niveau mondial. La faute à un indice relativement élevé (0.55).
Région Laâyoune-Sakia El Hamra, champion national
Cet Atlas renseigne, pour la première fois, sur les disparités et les inégalités dans l’éducation en se référant au nouveau découpage régional et administratif adopté en 2015.
Avec une moyenne d’années de scolarisation (7.08) et pour l’indice de Gini de l’éducation (0.45), la région de Laayoune-Sakia El Hamra se positionne au premier rang au niveau national.
En revanche, la région de Marrakech-Safi se place en dernière position. Le niveau d'éducation moyen s'y établit à 4.76 années en moyenne. Avec un indice de Gini calculé à 0.58, la région est la plus inégalitaire en terme d'accès à l'éducation.
Communes: Agdal-Ryad fait aussi bien que l'Islande
L'Atlas souligne que seules 7 communes réalisent une moyenne d’années de scolarisation variant de 9.8 à 12.1 années. Il s'agit des communes d’Agdal (Fès), Assoukhour Assawda et El Maarif (Casablanca), Harhoura (Skhirate-Témara), Hassan, Souissi, et Agdal Riyad (Rabat).
En réalité, "le niveau d’éducation de la commune d’Agdal Riyad se compare au niveau de pays développés comme l’Islande, la Géorgie ou l’Estonie", indique l'INE.
Une situation qui tranche avec celle observée dans certaines communes marocaines, où la moyenne d’années de scolarisation ne dépasse guère une année. Il est question de Tahelouante, Assais (Essaouira), Bouabout Amdlane (Chichaoua), Oulad Ali Mansour (Tétouan), Bouchaouene (Figuig) et Oulad M’hammed (Taourirt).
Disparité territoriale, discrimination positive
Disparités territoriales en termes de revenus, d'aménagement ou encore d'éducation… Cette approche s'impose désormais comme une constante dans le débat public. Elle permet des actions ciblées de la puissance publique, et donc une sorte de discriminations positive en faveur des zones les moins bien loties.
En ce sens, l'Atlas des disparités en éducation classe les communes en trois catégories: «très déficitaire», «déficitaire», «légèrement déficitaire» et «non déficitaire», qui contiennent 225, 453, 451 et 409 communes respectivement, représentent 6%, 13%, 16% et 65% de la population âgée de 15 ans est plus.
"Ce qui implique que le ciblage des deux premières catégories (au nombre de 678 communes, dont le niveau moyen d’éducation est inférieur à 3.19) se résumerait en fait à améliorer l’accès à l’éducation d’une tranche de la population ne dépassant pas 19% des 15 ans et plus", analyse l'INE.
