Probable maintien de Driss Lachguar à la tête de l'USFP
Les travaux du 10ème congrès national du parti de la rose commencent ce vendredi 19 mai pour s’achever dimanche 21 avec l’élection du premier secrétaire. Malgré le report réclamé par une partie du bureau politique, Lachguar a maintenu la tenue du congrès qui devrait lui permettre de se succéder à lui-même.
"Je ne sais pas s’il y aura un autre candidat qui se présentera contre moi car je ne suis pas en charge du volet des candidatures qui devaient être déposées avant le 27 avril".
C’est ainsi que le premier secrétaire nous explique le fait qu’il soit, pour l’instant, le seul candidat à sa succession en ajoutant que malgré la demande de ses opposants au bureau politique, le congrès ne sera pas reporté car tout a été mis en œuvre pour qu’il se déroule de "manière démocratique et ouverte à toutes et à tous".
Peu désireux de s’exprimer sur le conflit l’opposant aux 10 membres du bureau politique qui réclament son départ pour cause de mauvais bilan, il nous renvoie à sa déclaration, de ce 19 mai, au journal Libération qui explique, indirectement, la débâcle électorale de l’USFP par la crise mondiale de la gauche.
"C’est pas moi, c’est la crise mondiale de la gauche qui explique tout"
"Le moment que nous vivons est très particulier car la gauche traverse une crise sans précédent non seulement au Maroc mais aussi dans d’autres pays. Elle n’a jamais été aussi malmenée. Prenez l’exemple du Parti socialiste français qui depuis sa fondation a toujours été présent au second tour des élections présidentielles alors qu’en 2017, il n’a pas pu dépasser le 1er tour", tente de se justifier celui que ses opposants accusent d’avoir laminé électoralement un des plus grands partis du Maroc.
Interrogé par notre rédaction, Abdelkébir Tabih, membre du bureau politique qui fait partie du groupe de 10 contestataires, "regrette l’entêtement" du premier secrétaire à maintenir ce congrès "qui ne respecte pas la conformité des procédures du parti et se déroulera dans des conditions contraires aux aspirations d’une bonne frange de l’USFP".
Pas de candidat des contestataires et pas de scission en vue
"Face à la crise traversée par l’USFP, il eût été judicieux de le reporter pour se préparer à redresser sereinement la situation. Sa refondation passe par un bilan critique du mandat de Lachguar et pas par un congrès précipité entaché d’amendements des statuts qui vont renforcer sa mainmise sur le parti.
"Malgré la décision du premier secrétaire, nous serons présents au congrès même si nous avons décidé de ne pas présenter de candidat contre lui. Ce n’est qu’après le congrès que nous déciderons des suites à donner mais nous continuerons à agir de l’intérieur pour une refondation du parti et quoi qu’il arrive, il n’est pas question d’une nouvelle scission de l’USFP", affirme Tabih.
"Lachguar assuré d’obtenir un deuxième mandat de premier secrétaire"
Selon un ancien membre du parti, requérant l’anonymat, les opposants à la ligne politique du premier secrétaire sortant se sont activés trop tardivement pour changer la donne du congrès à venir.
"Les 10 membres du bureau politique ne se sont manifestés qu’au lendemain de la formation du gouvernement pour dénoncer la faible participation de leur parti à l’exécutif. Cela jette un doute sur la légitimité de leurs intentions alors qu’ils auraient dû s’exprimer après les résultats catastrophiques du scrutin législatif du 7 octobre voire au lendemain des régionales et communales de 2015.
"Aujourd’hui, ils ne peuvent pas se poser en procureurs alors que 90% d’entre eux étaient ses obligés. Malheureusement, les dés sont jetés pour les cinq années à venir car ils ne mobiliseront pas grand monde et le premier secrétaire sortant qui se comporte comme un vrai potentat est assuré de se succéder à lui-même", conclut notre source.