Samir: Le tribunal a rejeté l'offre de Glencore-Carlyle
Aucune offre ferme conjointe de Carlyle et Glencore ne figure aujourd'hui parmi les dossiers de rachat étudiés par le tribunal. Ces deux sociétés mondiales avaient déposé au début du processus, leur offre mais celle-ci a été rejetée, annonce à Médias24 une source judiciaire autorisée.
Mardi 16 mai, l'agence Reuters se faisait l'écho de déclarations obtenues dans différents milieux professionnels à l'étranger, annonçant une offre conjointe formulée par Carlyle et Glencore en vue du rachat de la Samir.
Médias24 a pu confirmer par ses propres sources, l'existence d'une candidature conjointe Carlyle-Glencore pour le rachat de la Samir.
Cependant, cette candidature a peu de chances d'aboutir. En effet, elle a été déposée au début du processus, aux alentours du 20 mars puis rejetée par le tribunal en raison des conditionnalités qu'elle comportait. Ces deux candidats détiennent en effet sur la Samir des créances équivalent à 600 millions de dollars. Ils ont souhaité les récupérer par une formule de swap créances contre actions.
Dans l'offre déposée, elles proposaient de convertir les créances des principaux créanciers, dont les leurs, celles de l’administration des douanes et celles des banques, en participation dans le capital social. C'est comme si l'ensemble des créanciers reprenaient la Samir.
Elles ont affirmé avoir obtenu l’accord de principe de l’administration des douanes pour un abattement de 20% de la créance et convertir le reliquat en participation. Elles ont ajouté que des discussions étaient en cours à ce sujet avec le Ministère des Finances.
Cette formule inhabituelle et pas forcément légale, a été rejetée par le tribunal dès les premiers jours, annonce à Médias24 une source judiciaire autorisée s'exprimant au nom des tenants du dossier.
Le juge-commissaire avait répondu aux représentants des deux sociétés que la priorité est de désintéresser les créanciers et que de ce fait, il aurait fallu obtenir au préalable leur accord ferme.
Pour l'instant, quatre offres officielles se trouvent sur le bureau du juge-commissaire et celle de Glencore-Carlyle n'en fait pas partie, ajoute notre source.
"L'intérêt de ces deux entreprises pour la Samir est réel, mais elles voudraient s'adjuger le raffineur selon leur propre agenda, quitte à peser sur le processus en véhiculant des rumeurs via la presse", accuse notre source judiciaire.
"Le plus grave, c'est que l'Etat a été présenté comme un protagoniste dans ce dossier. Chez les candidats, cette information donne l'impression que la vente s'opère en dehors de l'institution du juge-commissaire, lequel, en vertu de l'article 623 du code de commerce, est le seul habilité à superviser, négocier et ordonner la cession", explique une source au tribunal de commerce, ajoutant que "ces rumeurs ont perturbé les candidats et mêmes les banques auprès desquelles ces derniers tentent d'obtenir des cautions bancaires."
La dépêche de Reuters écrivait:"Two sources close to the process said the Moroccan government wanted at least $2 billion for the plant at Mohammedia, on the Atlantic coast near Casablanca. However, no decision on any sale is imminent, due partly to its complex debts". Ce q ui a été traduit par "Etat marocain" ou "gouvernement marocain". En fait, allusion est faite à l'évaluation judiciaire qui a fixé la valeur de la Samir à 21,6 milliards de DH au minimum.
Les 4 candidats restants avaient jusqu'au 15 mai pour déposer des cautions bancaires délivrées par des banques marocaines. Néanmoins, nous apprenons de source judiciaire qu'aucune garantie n'a été déposée et qu'un nouveau délai leur a été accordé pour ce faire.
Glencore et Carlyle, quant à eux, n'ont jamais formulé d'offre ferme, mais une offre de reprise conditionnée par la conversion créances-actions pour les principaux créanciers.
"Le tribunal n'est pas contre cette idée. Seulement, encore faut-il que Carlyle et Glencore obtiennent la main levée des autres créanciers. A ce moment, le tribunal serait prêt à leur céder la Samir à un dirham symbolique", lance une source proche du dossier. "Sauf qu'il n'est pas du tout sûr qu'ils puissent obtenir cette main levée", pronostique notre interlocuteur.