Migrants: l'Italie veut augmenter le nombre des expulsions
Derrière les grilles des centres de rétention italiens, quelques centaines d'étrangers se morfondent d'angoisse et d'ennui. Mais face à l'afflux des migrants, l'Italie veut multiplier leur nombre par quatre pour tenter d'accélérer les expulsions.
La directive est sortie cette semaine: le ministère de l'Intérieur prévoit d'ouvrir ou de rouvrir 11 centres, pour porter à 1.600 places la capacité d'accueil totale d'un réseau qui compte actuellement que quatre centres opérationnels.
Alors que les centres d'accueil pour demandeurs d'asile disséminés dans tout le pays hébergent actuellement plus de 176.000 personnes, 45.000 migrants sont encore arrivés depuis le 1er janvier sur les côtes italiennes - soit une hausse de plus de 40% par rapport à l'année dernière - et les autorités se préparent à un été record.
Dans cette perspective, le ministre de l'Intérieur, Marco Minniti, a fait adopter le mois dernier au Parlement un plan prévoyant d'augmenter à la fois les capacités d'accueil et les moyens pour rapatrier ceux qui sont juste venus chercher du travail.
Signe de cette nouvelle fermeté, l'Italie a expulsé 6.242 étrangers en situation irrégulière entre janvier et avril, soit une hausse de 24% par rapport à la même période de l'an dernier.
Mais tous ne sont pas d'anciens naufragés déboutés du droit d'asile. Beaucoup sont renvoyés directement en raison d'accords bilatéraux avec leur pays, comme les Tunisiens, Egyptiens ou Marocains, d'autres sont arrivés légalement et se voient expulsés à l'expiration de leur visa de tourisme ou d'étudiant.
Certains même sont européens, le plus souvent visés par un arrêté de reconduite à la frontière après une condamnation.
(Avec AFP)