Vivendi veut affirmer son contrôle sur Telecom Italia
Le groupe français Vivendi entend assoir son contrôle sur Telecom Italia, en obtenant jeudi 4 mai les deux tiers du conseil d'administration et la présidence de l'opérateur italien, dont il est devenu en 2015 le principal actionnaire.
L'assemblée générale se tient à partir de 11H00 (09H00 GMT) à Rozzano, près de Milan, dans le nord de l'Italie, pays où Vivendi est par ailleurs englué dans un contentieux avec le groupe de télévision Mediaset, dont il détient près de 30%.
Alors qu'il a été sommé par le régulateur des télécommunications italien de choisir d'ici un an entre ces deux participations, le groupe de Vincent Bolloré a exprimé le 21 avril sa préférence pour Telecom Italia -tout en entendant contester la décision de l'Agcom.
Vivendi, qui détient désormais 23,94% de l'opérateur dont il est entré au capital en juin 2015, a présenté une liste de dix candidats au conseil d'administration, dont il souhaite faire passer le nombre de membres de 17 à 15.
Le premier nom sur la liste, qui indique généralement le candidat à la présidence, n'est autre que celui d'Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi, qui assoirait ainsi sa mainmise sur Telecom Italia. Une volonté confirmée à l'AFP par un interlocuteur de Vivendi s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
Tout en refusant de son côté de confirmer son éventuelle nomination à la présidence, M. de Puyfontaine, actuellement vice-président de l'opérateur, a indiqué que la décision serait "prise après l'AG quand le nouveau conseil d'administration se réunira" vendredi 5 mai. Mais dans les faits, tout doit se jouer jeudi.
Deux cabinets de conseil anglosaxons, Iss et Glass Lewis, ont recommandé aux actionnaires de s'abstenir sur la liste Vivendi, et de voter pour la liste minoritaire d'Assogestioni, une association représentant la majeure partie des sociétés gérant de l'épargne en Italie, en estimant que celle-ci était plus à même de réprésenter les intérêts à long terme des actionnaires minoritaires.
Vivendi a fait savoir dès fin mars à la Commission européenne qu'il devrait prendre "de facto" le contrôle de Telecom Italia lors de cette AG.
(Avec AFP)