USFP : Les contestataires demandent le report du congrès
Le 10ème congrès national de l’USFP qui va renouveler les instances du parti est prévu entre le 19 et le 21 mai prochain. Dix membres du bureau politique qui avaient déjà dénoncé la gestion de leur 1er secrétaire réclament un report pour préparer la succession de Driss Lachgar.
Après l’Istiqlal, c’est au tour de l’USFP de connaître des dissensions internes sur le maintien ou pas de l’actuel premier secrétaire à la tête du parti pour un nouveau mandat de quatre années.
Lors d’une conférence de presse, ce jeudi 4 mai, dix contestataires du bureau politique (sur 32), se positionnant contre la ligne politique de Lachgar ont demandé le report sine die la tenue du futur 10ème congrès national.
Interrogée par Médias24 sur les raisons de cette demande, la membre du bureau politique de l’USFP, Wafa Hajji a expliqué que le but était d’empêcher une nouvelle candidature du premier secrétaire sortant sachant que, selon elle, ce dernier a verrouillé l’appareil du parti pour faciliter sa future élection.
"Au cours de son dernier mandat, Lachgar a très mal géré le parti avec les résultats que l’on sait. Il a divisé le bras syndical de l’USFP en éclatant la FDT en deux courants et il est seul comptable de notre déroute électorale aux communales, régionales et législatives. A cela, il faut ajouter sa piètre négociation pour faire participer l’USFP au gouvernement car il s’était engagé à décrocher 2 ministères pleins et 2 délégués alors qu’il n’a obtenu que 2 ministères délégués et 1 secrétariat d’Etat".
"Malgré ce bilan, il veut quand même se présenter et c’est pourquoi nous voulons reporter le congrès car il a imposé des articles illégaux pour le préparer", accuse celle qui est aussi présidente de l’Internationale socialiste des femmes.
Selon Wafa Hajji, Lachgar a introduit plusieurs dispositions lui facilitant une nouvelle candidature similaires à l’article 91 des statuts de l’Istiqlal qui avait créé la polémique avant d’être amendé car il permettait au secrétaire général sortant de choisir à sa convenance le nombre de votants régionaux.
"Il s’est autoproclamé président de la commission préparatoire alors que ce poste a toujours été dévolu à un non-candidat. Il s’est aussi attribué le droit de décider du nombre de congressistes qui voteront et des délais de candidature pour cette élection. Pour l’instant, personne ne s’est déclaré candidat mais tout le monde sait que Lachgar se présentera", accuse la contestataire du bureau politique.
A la question de savoir comment les dix membres du bureau politique obtiendront gain de cause pour reporter le congrès national qui doit se tenir dans 15 jours, notre interlocutrice répond qu’un vote des 2/3 des membres de la commission administrative de l’USFP peut accéder à cette requête.
Sachant que la tâche sera compliquée par le fait que cette commission est présidée par Habib El Malki, fidèle lieutenant du premier secrétaire, Hajji n’exclut pas de faire appel à la justice pour invalider "les articles illégaux" qui balisent la route à Lachgar.
"Notre priorité est de mettre en place une compétition électorale ouverte et démocratique qui permettra le retour des nombreux militants qui ont quitté le parti. Nous serons bientôt rejoints par d’autres membres du bureau politique car Lachgar a pris en otage le congrès pour rempiler alors que depuis Abderrahman Youssoufi, aucun premier secrétaire n’a accompli 2 mandats", conclut Hajji.
Selon elle, si aucun dirigeant de renom de l’USFP ne s’est encore porté officiellement candidat à la future élection, c’est parce que personne ne veut participer à cette "mascarade" où Lachgar sera élu avec un adversaire faisant de la figuration démocratique.
Si les dissidents du parti de la rose parviennent à imposer une alternative crédible au premier secrétaire sortant, ce scénario ne manquera pas de rappeler la compétition actuelle entre Hamid Chabat et Nizar Baraka.