El Otmani: première sortie télévisée (verbatim)
Saâdeddine El Otmani a livré, samedi 29 avril sur Médi1 TV, sa première interview télévisée en tant que chef du gouvernement. Verbatim.
Invité lors d'une émission spéciale sur Médi1 TV diffusée à 22h10, El Otmani est revenu sur sa nomination par le Roi, les tractations pour la formation du gouvernement et le programme de ce dernier.
>Pourquoi Medi1 TV?
C'est la première chaîne de télévision nationale à avoir formulé la demande d'interview. " Des chaînes étrangères se sont également positionnées, mais nous voulions accorder la priorité à la télévision nationale."
>La mise à l'écart de Abdelilah Benkirane.
Le remplacement de Abdelilah Benkirane par un nouveau chef du gouvernement choisi au sein du PJD a été "douloureux". "Nous étions surpris, mais le parti (PJD) a réagi positivement à cette décision. Quand j'ai reçu l'appel du palais, j'ai veillé à ce que le secrétaire général du parti (Benkirane) soit le premier avisé. Je lui ai téléphoné. Il m'a dit d'y aller."
>Candidature au secrétariat général du PJD.
Quant à se porter candidat au poste de secrétaire général du PJD, El Otmani affirme ne pas en avoir "le désir". "Au PJD, les candidatures aux postes de responsabilités, y compris celui de secrétaire général, ne relèvent pas d'une initiative personnelle, c'est le Conseil national qui choisit les candidats." [NDLR: le PJD doit tenir son congrès et élire un secrétaire général cette année et le fera probablement entre juillet et septembre].
>Distance des députés PJD avec le gouvernement, Benkirane à la manette.
"Ce ne sont que des interprétations. Benkirane m'a affirmé son soutien. Mais la fonction de la majorité gouvernementale ne se résume pas à applaudir."
>Le poids du PJD au gouvernement ne reflète pas son score aux législatives.
"Etre premiers en terme de voix ne nous octroie pas le pouvoir de composer le gouvernement comme bon nous semble. Nous avons composé le gouvernement en fonction de ce qui était possible. La politique est l'art du possible. Du reste, notre poids au sein du gouvernement ne diffère pas beaucoup de celui que nous avions en 2013, après le retrait de l'Istiqlal. Il s'est même amélioré."
>Ramid ministre contre son gré.
"Mustapha Ramid a affirmé, des mois avant les élections, qu'il ne voulait plus participer à un gouvernement. Il avait même entrepris des procédures en ce sens. Mais nous l'avons ramené contre son gré. Le secrétaire général du parti le sait. C'est ce dernier qui l'a proposé en insistant sur sa présence en tant que ministre d'Etat pour avoir le même rôle que feu Abdellah Baha."
" Sur le plan protocolaire, le ministre d'Etat est le deuxième homme du gouvernement. Il assiste ou remplace le chef du gouvernement."
"La délégation des droits de l'hommes sera élevée en ministère", qui sera dirigé par Ramid, ministre d'Etat chargé des droits de l'hommes. Le chef du gouvernement a signé un décret en ce sens le 28 avril."
>Les priorités du gouvernement.
"La feuille de route des 100 premiers jours du gouvernement sera prête le 4 mai. Nous commencerons par réunir la commission nationale chargée de la réforme des régimes de retraite. L'objectif est de passer de la réforme partielle - celle des pensions civiles- à une réforme plus globale."
" Nous réunirons, cette semaine ou la semaine suivante, la commission nationale des investissements. Nous lancerons 25 nouveaux grands projets, dont le budget avoisine 67 MMDH durant les deux prochaines années."