Programme gouvernemental. La réponse de la CGEM à El Otmani
Mardi 25 avril, Abdelilah Hifdi, président du groupe CGEM à la Cchambre des conseillers a commenté le programme gouvernemental et fait part des dossiers que le patronat juge prioritaires. Verbatim.
Afrique. Elle fait partie des premiers sujets abordés par M. Hifdi devant la Chambre des conseillers. "Il faut désormais porter un regard différent sur notre relation économique avec les pays du continent. Le Roi Mohammed VI l’avait d’ailleurs évoqué dans le discours de Dakar où il a appelé à adopter une approche globale et complémentaire avec l’ensemble des pays africains et à leur accorder la même importance que celle donnée à l’occident", souligne le président du groupe CGEM à la Chambre des conseillers.
Blocage gouvernemental. "Le retard accusé dans l’adoption du projet de loi de finances a gelé les investissements publics, occasionné des faillites et freiné la dynamique dans laquelle étaient lancées les PME en particulier", a-t-il lancé.
"Il faut agir vite pour régler les problèmes des retards de paiements dus par les établissements publics, selon un calendrier précis", a-t-il ajouté.
"D’importantes opportunités d’investissements ont échappé au Maroc à cause du blocage. Son impact sur la croissance est manifeste. A ce titre, la banque mondiale a revu le taux de croissance de 2017 à la baisse (3,8% au lieu de 4%)".
Dette publique. "Le taux de 64% du PIB est inquiétant avec tout ce qu’il implique comme effets négatifs sur l’épargne, l’investissement public…", s'est-il alarmé.
Partenariat public-privé. "Nous souhaitons que la plate-forme commune de dialogue et de négociation soit relancée rapidement par El Otmani comme il l’a promis. Elle avait donné de bons résultats avant sa mise en veilleuse durant le précédent gouvernement".
Commerce extérieur. "Le déficit est chronique. Le déséquilibre est dû au manque de diversification et de compétitivité des produits exportables". A ce sujet, le coût élevé du transport et de la logistique a été montré du doigt par Hifdi.
Code du travail, chômage… La promesse faite par El Otmani de procéder à la révision du code du travail a été bien accueillie par le patronat. "Le modèle de protection sociale en vigueur a montré ses limites. Les chiffres du chômage, du licenciement et des faillites l’illustrent parfaitement, nécessitant sa réadaptation au contexte socioéconomique actuel. Il faudra pour ceci rattraper, et vite, le retard accusé dans l’adoption de la loi sur la grève et apporter une flexibilité dans les relations de travail".
Pour ce qui est du chômage, l’engagement du gouvernement à ramener le taux de chômage à 8,5% au lieu de 9,5% sur un mandat a été jugé "insuffisant" par la CGEM.
Formation continue. Quelques chiffres qui interpellent selon Abdelilah Hifdi: les entreprises bénéficiaires constituent à peine 1,2% du total des entreprises affiliées à la CNSS, les salariés bénéficiaires représentent quant à eux 7% des employés déclarés. "Une honte", selon le président du groupe CGEM à la Chambre des conseillers, sachant que la stratégie nationale de la formation professionnelle s’engage à former 10 millions de personnes d’ici 2021.
"Je ne comprends pas pourquoi le projet de loi de la formation continue n’a pas été soumis au Parlement alors que le conseil de gouvernement l’avait approuvé en 2014. Le dernier rapport de la Cour des compte s’y attarde d’ailleurs", a-t-il lancé.
PME-TPE. "Pourquoi ne pas regrouper toutes les initiatives visant à accompagner les PME et TPE: auto-entrepreneurs, Mokawalati …En mettant en commun les moyens mis à leur disposition et en consolidation les incitations fiscales…, de meilleurs résultats seront obtenus, a-t-il proposé.
Réformes économiques. "Une nouvelle génération de réformes est à mettre en place, englobant secteurs public et privé, stratégies sectorielles et régionales… avec un nouveau système de revalorisation du capital immatériel… ", selon Abdelilah Hifdi.