Alitalia au bord du gouffre va confier son destin à des administrateurs
Le conseil d'administration d'Alitalia, réuni mardi 25 avril au lendemain du rejet par les salariés d'un plan de relance, a demandé à l'Etat la nomination d'administrateurs, chargés de trouver des repreneurs ou d'organiser la liquidation de la compagnie aérienne exsangue.
Le conseil a également convoqué jeudi une réunion des actionnaires, après avoir constaté, dans une déclaration écrite, l'impossibilité d'une recapitalisation suite au rejet du plan de relance négocié entre direction et syndicats.
Les actionnaires refusant d'apporter l'argent nécessaire à la recapitalisation en l'absence de ce plan social, "le conseil d'administration d'Alitalia a décidé d'ouvrir les procédures prévues par la loi", a annoncé l'instance dirigeante du groupe aérien.
Cette décision ouvre la voie à une procédure publique "d'administration extraordinaire". Pour cela, le gouvernement doit rapidement nommer par décret un ou plusieurs commissaires chargés d'élaborer un plan industriel qui sera soumis à l'Etat et aux créanciers.
Cette procédure a été prévue dans la législation italienne pour les grandes entreprises, après le krach de Parmalat en 2003.
Elle doit protéger l'entreprise en gelant les paiements non stratégiques, permettant par exemple de privilégier les besoins opérationnels urgents comme l'achat de carburant, le paiement des taxes aéroportuaires ou des salaires.
Ce rééquilibrage des comptes, probablement sur une période de six mois, peut donner lieu à trois scénarios: une relance après un accord avec les créanciers, qui semble improbable, une vente de tout ou partie de la compagnie aérienne ou encore le constat d'une faillite pure et simple.
Dans l'immédiat, les plans de vols de la compagnie sont cependant tous maintenus, a assuré Alitalia mardi.
Le ministre du Développement économique Carlo Calenda a exclu toute nationalisation de la compagnie aérienne privée. "Les citoyens italiens ont mis environ 7,4 milliards d'euros dans des projets de sauvetage de la compagnie, je crois que c'est suffisant", a-t-il commenté sur une chaîne de télévision italienne, en écartant de verser à nouveau des milliards à une société en déficit.
"L'Union européenne peut donner son accord" à une aide financière publique sous la forme d'un prêt, sur une période d'environ six mois. Mais il s'agira bien d'un "pont financier transitoire" et non d'une "nationalisation", a-t-il insisté.
Par ailleurs, les actionnaires (Etihad Airways qui détient 49%, UniCredit, Intesa Sanpaolo) n'entendaient pas remettre la main à la poche sans un plan précis.
Une réunion initialement prévenu mercredi 26 avril entre les syndicats et le gouvernement, a été reporté après l'assemblée des actionnaires, selon des sources ministérielles citées par l'agence de presse Agi.
(Avec AFP)