LGV: 60% du personnel de l’ONCF affecté à la sécurité
Réunie à Tanger, la 6e conférence de l’ONCF et de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) a traité cette année de la sécurité et des lignes à grande vitesse. Achevée à plus de 85%, la ligne à grande vitesse marocaine (LGV) doit entrer en service en juin 2018.
"60% du personnel ONCF exercent un métier lié à la sécurité, directement ou indirectement", indique l’ONCF qui précise que 70% des formations dispensées portent sur la sécurité. Celle-ci concerne les trains eux-mêmes, mais également leur environnement urbain et rural, les gares et les passages à niveau.
Lors de leur 6e conférence tenue à Tanger les 20 et 21 avril, portant sur "les défis d’une exploitation sûre", l’Office marocain et l’organisme international ont invité plus de 35 experts venus de 25 pays à exposer les différents aspects liés à la sécurité en rapport avec l’exploitation de lignes à grande vitesse.
Les interventions ont ainsi porté sur la sûreté et la sécurité civile en rapport avec l’environnement urbain et rural de la LGV, la prise en compte de la sécurité (dès la conception de la ligne à grande vitesse) et la sécurité lors de l’exploitation commerciale. Des retours d’expériences japonais, français, saoudien et espagnol ont été présentés.
Sur ces lignes, les trains atteignent des vitesses de pointe supérieures à 300 km/h et roulent également en grande partie à des vitesses supérieures à 160 et 200 km/h. Selon l’ONCF, "les chefs de train, les conducteurs, les chefs de sécurité, les aiguilleurs, les régulateurs du poste de commandement et les responsables de la maintenance remplissent leurs fonctions dans un environnement soumis à des exigences sévères en matière de sécurité. Au niveau des gares, le chef de sécurité est le seul responsable de la circulation des trains".
La LGV Tanger-Casablanca est longue de 200 km sur une double voie. Le nombre d’ouvrages d’art est également très important: la ligne Tanger-Casablanca comporte 169 ponts-rails et ponts-routes, 120 ouvrages hydrauliques et 12 viaducs. Le projet a été initié en 2007 avec une accélération des travaux à partir de septembre 2011.
La flotte de transport du TGV marocain est constituée de 12 rames. Un centre de maintenance situé à Tanger-Moghogha lui est dédié. Dès l’été 2018, ces rames doivent effectuer 32 dessertes quotidiennes avec un départ chaque heure dans chaque sens. Aux heures de pointe, des départs sont prévus toutes les 30 minutes. Le TGV marocain doit ramener la durée des voyages entre Casablanca et Tanger à 2H et 20 min et Rabat-Tanger à 1H et 40 min contre 5H et 4H à l’heure actuelle.
Vers la fin des passages à niveau
Selon l’ONCF, "le trafic ferroviaire en hausse n’est pas le seul responsable des accidents qui surviennent au niveau des passages à niveau. Il y a également les traversées de voies anarchiques trop fréquentes de piétons et d’animaux, et les automobilistes pressés et négligents qui ne respectent pas les signalisations".
S’agissant des passages à niveau situés en milieu urbain, L’ONCF indique avoir pris des mesures radicales: la suppression, à terme, de tous les passages à niveau à risque, à commencer par ceux situés dans les zones à fort trafic. Depuis 2000, les nouvelles lignes ne comportent aucun passage à niveau. "Cette révolution se poursuit aujourd’hui à vive allure" selon l’ONCF.
Une quarantaine de passages à niveau sont remplacés chaque année par des ponts-rails ou des ponts-routes. "Ceux qui subsistent répondent aux normes de sécurité", précise l’Office des chemins de fer marocain. En attendant leur suppression définitive, ils sont équipés de systèmes automatiques de fermeture de barrières, et activés par le biais d’un boîtier qui entre en contact avec les roues du train, quelques kilomètres avant son passage.
Un poste de commandement national pour la sûreté
L’ONCF développe depuis la fin des années 2000 une stratégie visant à sécuriser davantage les sites et les trains et à lutter contre les actes de malveillance (jets de pierre, pose d’obstacles devant les trains, vol de matériel sur les voies). Une structure dédiée à la sûreté existe depuis 2009.
Parmi les actions phares en cours figure la mise en place de caméras de vidéosurveillance dans les gares, les dépôts, les tunnels, sur les ouvrages d’art et sur certaines voies. Le gardiennage des sites est renforcé et des détecteurs d’intrusion sont placés dans les locaux techniques et les postes de voie. Les éclairages des gares et des chantiers sont en passe d’être améliorés.
Une équipe "sûreté préventive" est prévue au sein d’un poste de commandement national sûreté. Elle gèrera les actes de malveillance en temps réel et coordonnera l’intervention des services de gardiennage de l’ONCF, la police, la gendarmerie et la protection civile.