Les réserves internationales nettes “stables” depuis décembre 2016 (Bank Al Maghrib)
Cette évolution est due à une hausse des importations plus importante que celle des exportations, au terme des deux premiers mois de 2017. Celles-ci ont également été marquées par une régression de 4,5% des exportations de l'automobile.
Dans sa revue de la conjoncture économique pour Avril 2017, Bank Al Maghrib annonce que les réserves internationales nettes se sont stabilisées par rapport à leur niveau de décembre 2016.
Elles affichent à fin février un encours de 250,9 MMDH, alors qu’à fin décembre 2016 ils étaient, selon les statistiques monétaires de Bank Al Maghrib, à 251,9 MMDH.
Actuellement, les réserves de changes peuvent assurer la couverture de 6 mois et 16 jours d’importations de biens et services, selon la banque centrale.
Leur rythme d’évolution sera lent en 2017, toujours selon les prévisions de Bank Al Maghrib, vu qu’elles devraient assurer la couverture de 6 mois et 17 jours seulement d’importations au terme de l'année. Au terme de 2018, elles devront arriver à 6 mois et 20 jours de couverture des importations.
Ce léger recul ou cette « stabilisation » comme Bank Al Maghrib préfère l’appeler, est dû à une aggravation du déficit commercial de 23,1%, soit 5 MMDH, et ce à fin février 2017.
Ce creusement est le résultat d’une hausse de 9,7% (5,8 MMDH) des importations, alors que les exportations n’ont cru que de 1,8%, soit 679 MDH.
Le taux de couverture se situe ainsi à 58,5%, en baisse de 4,5 points de pourcentage.
L’augmentation des importations traduit principalement des accroissements de 51,8% de la facture énergétique, et de 13,9% des achats de biens d’équipement.
Pour les autres groupements d’utilisation, les acquisitions de produits bruts et celles des biens finis de consommation se sont accrues respectivement de 21,5% et de 2%, alors que les importations de demi-produits ont quasiment stagné à 14,6 MMDH, et la facture alimentaire a diminué de 12,6%, avec une baisse de 57,2% des acquisitions de blé, suite à une bonne année agricole.
En ce qui concerne les exportations, leur hausse provient principalement d’une reprise des ventes des produits OCP, qui ont crû de 9,7%, et d’une progression de 2% des exportations du secteur agriculture et agro-alimentaire.
Les ventes des secteurs aéronautique et électronique ont également connu des hausses avec des taux respectifs de 6,7% et 3%.
En revanche, les exportations du secteur automobile ont baissé de 4,5%. Celles du secteur textile et cuir également, de 3,1%.
Pour les autres composantes du compte courant, les recettes de voyage ont diminué de 3,9% à 7,4 MMDH, et les transferts des MRE de 3,1% à 8,8 MMDH.
Pour ce qui est des flux net des investissements directs étrangers, ils se sont repliés de 25,2% ou 1,1 MMDH, sous l’effet principalement d’une baisse de 1,5 MMDH des recettes à 4,1 MMDH.
Par ailleurs, l’exécution budgétaire au titre des deux premiers mois de 2017 fait ressortir un déficit budgétaire de 9 MMDH, en atténuation de 7 MMDH par rapport à la même période de 2016.
Ce déficit a été calculé sur la base du décret portant ouverture des crédits nécessaires à la marche des services publics, et du décret relatif à la perception de certaines recettes, publiés le 31 décembre 2016.