Les promoteurs immobiliers s’attendent à une reprise en 2017
Une réunion regroupant les dirigeants de la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers), y compris ceux des bureaux régionaux, a au lieu jeudi 13 avril. A l’ordre du jour, la situation du secteur courant le premier trimestre 2017. Les prévisions sont positives.
"Les retours sont très disparates. Certains promoteurs parlent d’amélioration, d’autres de mauvaise conjoncture, mais en général, ce n’est pas l’euphorie des années antérieures", nous déclare d’emblée Youssef Iben Mansour, président de la FNPI.
Dans certaines villes comme Fès, Meknès et Oujda, le marasme est palpable, l’activité immobilière est en berne. A Agadir par contre, la situation actuelle fait état d’une sur-offre en matière de logement social et de déficit marqué dans les autres segments.
Casablanca connait également une offre importante tous segments confondus.
"Ceci étant dit, pour le restant de l’année, les prévisions sont positives", lance-t-il.
D’où vient cet optimisme?
"Tous les promoteurs sont persuadés que les banques distribueront davantage de crédits aux ménages dans les mois qui viennent", souligne M.Iben Mansour.
"Après une longue absence, certaines banques commencent à faire de la publicité sur leurs produits immobiliers. Il est certain que ces établissements seront plus sélectifs qu’au début des années 2010, mais ils seront moins restrictifs qu’au courant des deux ou trois dernières années", ajoute-t-il.
La nouvelle configuration du marché
Autre constat mis en exergue par le président de la FNPI: La baisse des ventes se fait plus sentir au niveau des statistiques individuelles qu’au niveau des ventes globales.
"Depuis quelque temps, le nombre d’opérateurs s’est multiplié. Si on prend les chiffres individuellement, les acteurs du secteur sentent une baisse de leur activité, mais si on prend les chiffres dans leur globalité, le taux de commercialisation est au même niveau", tient à souligner Youssef Iben Mansour.
Quid du regroupement des départements de l’urbanisme et de l’habitat ?
"Nous avons à maintes reprise demandé que les deux départements soient sous la coupe d’un même responsable pour une meilleure efficacité, une continuité dans la vision.. On ne peut pas confier les agences urbaines à un département et la réglementation et la production à un autre", explique-t-il.
"Leur dissociation a créé des problèmes d’application de la stratégie. Même si le ministère de l’habitat voulait par exemple lancer un produit, le projet n’aboutirait jamais tant que la partie urbanisme lui échappait. Ce souci s’est posé par exemple pour le logement dédié aux classes moyennes", ajoute le président de la FNPI.
C’est le cas également du règlement général de la construction qui a été le fait de l’Habitat, puis géré par l’Urbanisme générant ainsi des complications dans sa mie en œuvre, selon de nombreux intervenants du bâtiment.
Logement social, le paradoxe
La situation du logement social est paradoxale, selon M.Iben Mansour. Des déficits en logements existent sur ce segment alors que les stocks atteignent des niveaux élevés.
"Dans tout le Maroc, il y a encore des bidonvilles, des ménages mal logées, des logements non réglementaires ou menaçant ruine…. Arriver à concilier entre l’offre existante et les demandes non satisfaites provenant de ces habitations est un défi à relever. Mais pour réussir le déplacement de ces populations et les aider à s’approprier leur nouvel environnement, il faut absolument mettre en place des outils d’accompagnement social, aujourd’hui inexistants", poursuit-il.