Istiqlal: Un Conseil national de tous les dangers
Hamid Chabat et ses opposants ont convoqué, pour le samedi 15 avril, une réunion du parlement du parti pour préparer le congrès qui doit renouveler les instances de l’Istiqlal. Les ordres du jour antagonistes de chacune des parties risquent d'engendrer de nouveaux affrontements physiques.
A quatre jours de la tenue du Conseil national qui doit déterminer les modalités d’organisation du congrès, le parti n’a jamais été aussi divisé. Exemple le plus visible: 36 contestataires occupent le siège du parti à Rabat tandis qu'un groupe de pro-Chabat ont organisé un cordon devant ces mêmes locaux.
Chabat a convoqué un Conseil national extraordinaire pour maintenir l’article 91 des statuts qui limite à 150 personnes le nombre de membres du comité préparatoire du congrès. Ses opposants, menés notamment par le courant réformateur qui domine le comité exécutif, ont pour leur part convoqué une réunion ordinaire pour élargir sa composition à tous les membres de ce Conseil national.
De plus, les réformateurs veulent supprimer l’article 54 qui oblige tout candidat au secrétariat général à être membre du comité exécutif pour permettre à leur candidat, Nizar Baraka, de se présenter contre le secrétaire général sortant.
La perspective d’une réconciliation s’éloigne de plus en plus sachant que les membres contestataires du comité exécutif se réuniront ce mardi 11 avril dans l’après-midi pour discuter de l’organisation de ce Conseil national en l’absence du secrétaire général, pourtant membre de plein droit.
Hormis déterminer le nombre de participants au comité préparatoire du congrès, les réformateurs veulent valider les décisions prises lors de leur réunion du 4 avril pour révoquer les mandats des présidents du comité préparatoire (Abdellah Bekkali) et de la commission des statuts (Abdelkader El Kihel) ainsi que traduire devant la commission de discipline Adil Benhamza (porte-parole du parti).
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En désaccord avec le limogeage de ses trois fidèles lieutenants, Chabat a d’ailleurs déposé une plainte en référé pour faux et usage de faux au tribunal administratif afin d’annuler ces décisions illégales du fait de son absence à la réunion du dit comité exécutif.
Selon un important membre de l’Istiqlal, requérant l’anonymat, le secrétaire général mise sur une décision judiciaire qui lui serait favorable à la veille du Conseil national pour reprendre en main l’appareil du parti en délégitimant toute décision à venir des 14 membres contestataires du comité exécutif.
"De leur côté, les réformateurs, majoritaires au comité exécutif, ont également porté plainte pour que le tribunal rétablisse Toufik Hejira dans son mandat de président du Conseil national. Ils sont très optimistes car la justice a déjà invalidé la suspension de Yasmina Baddou et de Karim Ghellab", précise notre source qui ajoute qu’une décision favorable permettra au numéro 2 du parti de présider la réunion de samedi.
Notre interlocuteur avance que la session de ce Conseil national sera l’occasion de se livrer à une démonstration de force des deux camps qui risquent de s’affronter physiquement.
"Malgré les tentatives d’intermédiation de Mohamed Soussi (membre du comité exécutif) et du courant Bila Hawada, ils ne se sont pas entendus sur le nom de celui qui présidera ce Conseil national et il est donc à craindre que la réunion prévue samedi prochain tourne au pugilat", conclut notre source.
Dans ces conditions, l’organisation du congrès, déjà reportée sine die, risque de dépasser les délais requis par la loi sur les partis et l’Istiqlal pourrait à terme être suspendu par le ministère de l’intérieur.