Un informaticien marocain arrêté au Gabon clame son innocence
Il s’appelle Rachid Kourss, il est ingénieur informaticien à Pay Logic, société de consulting marocaine basée à Casablanca. Un jour du mois de février 2017, il était dans sa chambre d’hôtel à Libreville au Gabon quand son client, BGFI Bank-Gabon a été victime d’une cyberattaque qui lui a fait perdre 3 millions d’euros.
"Rachid Kourss était en mission de routine auprès de BGFI Bank-Gabon où il avait l’habitude d’intervenir d’une manière ponctuelle", nous explique son avocat Albert Bikalou.
Cette nuit du mois de février, il est appelé en catastrophe par BGFI Bank-Gabon, cliente de Pay Logic.
Le système informatique de la banque vient de faire l’objet d’une attaque virulente. Il est piraté à partir d’adresses IP à l’international. Les plafonds des cartes Visa prépayées ont été augmentés simultanément, entre minuit et 03H00 du matin. Des recharges depuis le réseau informatique interne ont été effectuées en masse et des retraits ont eu lieu simultanément dans différents pays européens pour 1,9 milliard de francs CFA, soit l’équivalent de 3 millions d’euros.
"Le recours à Rachid Kourss avait pour objectif d’arrêter l’hémorragie. D’ailleurs, il a pu stopper les retraits. Les dégâts auraient été autrement plus lourds sans son intervention. Ils auraient pu atteindre 20 millions d’euros", nous déclare Albert Bikalou, avocat de M. Kourss, inscrit au barreau de Libreville.
"La banque a par la suite porté plainte contre X et les enquêteurs ont arrêté certains responsables de la banque, des services monétiques, de sécurité…Malheureusement pour lui, il était au moment endroit au mauvais moment", poursuit l’avocat.
"Les personnes arrêtées avaient lancé une enquête interne pour identifier l’origine de l’attaque et essayer de comprendre ce qui s’est passé avant d’être interpellé et mises en garde à vue. Une information a été ouverte le 20 février sans qu’aucune date ne soit fixée pour le début du procès", regrette l’avocat.
Le directeur général de BGFI Bank-Gabon en plus d’une dizaine de personnes dont des cadres de la banque et Rachid Kourss sont accusés d’association de malfaiteurs et complicité de vol aggravé, selon le Parquet de Libreville.
L’avocat n’a pas pu obtenir la liberté provisoire pour son client qui clame son innocence. Une page facebook a été crée demandant l’intervention du Roi Mohammed VI.