Les chrétiens marocains rencontrent le CNDH pour revendiquer leurs droits
Des chrétiens marocains se sont réunis avec le CNDH pour faire valoir leurs droits de prier dans les églises et de s'y marier, d'appeler les enfants par des noms chrétiens ou encore d'inhumer les morts selon leur tradition . A l'école, ils appellent à rendre optionnel l'éduction religieuse pour les chrétiens.
La coordination des chrétiens marocains a tenu, lundi 3 mars, une réunion officielle avec Mohamed Sebbar, secrétaire général du Conseil national des droits de l'homme, l'occasion de lui faire part de "leurs revendications visant à mettre fin à la persécution que vivent les chrétiens marocains dans leur pays", indique M. S., porte parole de la coordination contacté par Médias24.
"C'est la première fois que nous exposons notre cause devant une instance marocaine officielle. C'est un pas qui en appellera d'autres, afin de faire valoir nos droits garantis par la Constitution", espère notre interlocuteur.
La Constitution marocaine érige le CNDH "en institution nationale pluraliste et indépendante, chargée de connaître de toutes les questions relatives à la défense et à la protection des droits de l’Homme et des libertés, à la garantie de leur plein exercice et à leur promotion, ainsi qu’à la préservation de la dignité, des droits et des libertés individuelles et collectives des citoyennes et citoyens, et ce, dans le strict respect des référentiels nationaux et universels en la matière."
D'où l'initiative de la Coordination. Dans une lettre remise à M. Sebbar, ses représentants ont insisté sur la nécessité de se pencher sur la "cause des chrétiens d'origine marocaine, faisant valoir le texte constitutionnel "dans lequel l'Etat s'engage à bannir toute discrimination en raison des croyances".
"Nous ne trouvons plus de gêne à reconnaître notre identité en tant que citoyens marocains de confession chrétienne. De même, malgré les intimidations continues, nous ne nous sentons plus étrangers dans notre pays, mais nous sommes toujours interdits de pratiquer nos rites religieux dans les églises, qui demeurent sous le monopole des étrangers", déplore-t-on du côté de la coordination, affirmant ne pas jouir des mêmes droits reconnus "aux Marocains musulmans ou juifs".
Parmi les revendications: la possibilité de prier à l'église et de s'y marier, d'appeler les enfants par des noms chrétiens ou encore d'inhumer les morts selon leur tradition. A l'école, la coordination appelle à rendre optionnelle l'éduction religieuse pour les chrétiens.
"Nous n'avons aucun lien avec les mouvements de prosélytisme auxquels on nous accuse d'appartenir. La majeure partie des chrétiens marocains le sont soit par héritage, soit par choix. Et nous sommes avant tout des Marocains, nous ferons tout pour défendre cette nation", se défend M. S., saluant au passage "les dernières déclarations du Roi Mohammed VI, lequel a rappelé la signification logique et raisonnable de la notion de commanderie des croyants", qui implique "le Roi commandeur de tous les croyants" .