Istiqlal: les désaccords dégénèrent en violences
Samedi 1er avril, l’Istiqlal réunissait ses organisations parallèles (professionnelles, femmes istiqlalienne, UGTM, chabiba). La réunion a dégénéré en violences et actes de vandalisme.
Chacune des deux parties accuse l’autre. D’un côté, l’aile Chabat, de plus en plus isolée, et qui a tenu cette réunion des différentes organisations pour obtenir un soutien au secrétaire général contesté. De l’autre, les contestataires, menés par une majorité du Comité exécutif avec notamment les poids lourds Hamdi Ould Rachid et la famille Quayouh.
A ce stade, il est impossible de reconstituer avec précision ce qui s’est passé. La seule certitude, c’est que la réunion, tenue au siège du parti, a dégénéré verbalement puis physiquement. A la fin, les chaises ont volé et le mobilier a été saccagé.
Chacune des deux parties rejette la faute sur l’autre.
Un communiqué des organisations présentes mis en ligne sur le site officiel du parti, “dénonce les agissements d’une bande criminelle composée d’individus portant des armes blanches“ et fait porter au secrétaire général “la responsabilité de mettre un terme à ces agissements“.
Le parti a diffusé une vidéo exposant la version de la direction actuelle. Différentes sources officielles de cette direction accusent Hamdi Ould Rachid d’être à l’origine de ces incidents, puisque selon elles, les auteurs des violences se sont réclamés de la ville de Laâyoune.
Du côté des dissidents, majoritaires dans le comité exécutif et les deux groupes parlementaires, cette accusation est rejetée: comment pourrais-je envoyer des nervi qui se réclameraient de ma ville?, répond en substance Hamdi Ould Rachid, cité par une source proche.
Mardi, un comité exécutif convoqué par Chabat à la demande des contestataires, doit se réunir au siège du parti. Ces derniers réclament notamment la mise en place d’une commission préparatoire au congrès. Selon nos informations, les trois exclus du comité exécutif, Yasmina Baddou, Karim Ghellab et Toufiq Hejira, vont recourir à la Justice pour annuler ou suspendre leur exclusion.
Vendredi 31 mars à Rabat, à l’occasion du meeting en hommage à la mémoire de M’Hammed Boucetta, décédé 40 jours plus tôt, tous les intervenants avaient appelé à l’unité du parti.