TSA: “L'Algérie un marché, le Maroc un partenaire”
Des partenariats dans les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, un projet de construction d’une ville intelligente, et des millions d’emplois créés, le Maroc est en pleine expansion, écrit TSA, journal algérien, dans un article remarqué et très commenté sur la toile. "Pendant ce temps, l’Algérie est à la traîne".
"Ces dernières années, le Maroc s’est taillé la part du lion des flux d’investissements directs (IDE) opérés dans la région maghrébine" explique le journal. "Pendant ce temps, l’Algérie, qui se débat pour diversifier son économie, peine à attirer les opérateurs étrangers ou des projets sérieux".
Dans son article "Investissements étrangers: l’Algérie, un marché, le Maroc, un partenaire", TSA compare les économies marocaine et algérienne.
Ainsi, il énumère les projets les plus importants lancés au Maroc ces dernières années:
- "Un protocole d’accord portant sur des investissements globaux de 10 milliards de dollars (MM$) sur 10 ans a été signé entre les parties chinoise et marocaine (…). Le projet porte sur la construction d’une ville intelligente pour un montant de 1 MM$ à Tanger".
- "Le géant américain de l’industrie aéronautique Boeing a signé un protocole d’accord pour la création d’un écosystème, toujours dans la région de Tanger. Le projet impliquera l’implantation de 120 fournisseurs de Boeing, permettra d’augmenter les exportations du Maroc de près de 1 MM$ et de créer 8.700 postes d’emplois spécialisés".
- "Renault (…) a lancé en avril 2016 un projet baptisé -Ecosystème Renault-, un investissement de près d’un milliard d’euros, qui consiste à développer une plate-forme mondiale d’approvisionnement". Le projet permettra la création de 50.000 postes d’emplois, et générera un chiffre d’affaires additionnel de 20 milliards de DH par an.
- "Peugeot a injecté près de 600 millions d’euros dans une usine de production d’automobile qui sera implantée dans la région de Kénitra. Ce complexe industriel (…) aura une capacité initiale de production de 90.000 unités par an avec des taux d’intégration élevés, avoisinant les 80%".
"Rien que pour ces quatre projets, les sommes investies (au Maroc) dépassent les 3 MM$", écrit-il.
Le journal explique également les raisons pour lesquelles les investisseurs étrangers préfèrent le Maroc à l’Algérie. Il cite, à titre d'exemple, les infrastructures portuaires modernes, les zones franches dédiées à l’export et les mesures mises en place incitant les opérateurs économiques, nationaux et internationaux à s’y installer (exonération de 5 ans de l’impôt sur les sociétés, rapatriement simplifié des bénéfices et capitaux,…). "Le Maroc se montre compétitif par rapport aux pays de la région (maghrébine)".
"L’Algérie à la traîne", les causes?
Les projets français réalisés en Algérie sont nettement moins ambitieux que ceux lancés au Maroc, rapporte TSA. "L’on peut citer à titre d’exemple l’usine Renault d’Oued Tlelat dont la production est destinée exclusivement au marché local, avec un taux d’intégration qui ne dépasse pas les 20%".
Le journal parle également de l’absence d’attrait pour investir en Algérie, de l’absence de réformes structurelles, de l’omniprésence bureaucratique de l’administration algérienne et d'un environnement d’affaires étouffant, qui finissent par décourager les investisseurs. Sans oublier que "l’Algérie ne compte aucune zone franche dédiée à l’export".
Egalement, "la législation algérienne, notamment la règle 51/49%, est un repoussoir pour les partenaires étrangers. Son application à tous les secteurs d’activité confondus ne rassure pas".
Dans son discours, le gouvernement algérien laisse entendre que les investisseurs étrangers boudent l’Algérie pour des raisons "politiques", sauf que cet argument ne tient plus. "L’Algérie et son gouvernement ne peut s’en prendre qu’à soi-même", écrit TSA.