Publicité: Des annonceurs boycottent Google et YouTube
La fronde grandissante des annonceurs publicitaires contre Google et sa filiale de vidéo YouTube ne devrait pas avoir un impact financier suffisant pour ébranler le cœur d'activité du géant Internet américain, mais elle pourrait remettre en question certaines pratiques sur le marché.
Tout est parti du Royaume-Uni, la semaine dernière, avec un article du "Times" affirmant que des publicités en ligne de grandes marques et d'organisations officielles apparaissaient, en particulier sur YouTube, à côté de contenus antisémites, incitant à la haine ou faisant l'apologie du terrorisme.
La filiale britannique de Havas a réagi en suspendant les publicités de ses clients sur plusieurs plate-formes de Google, dont YouTube. D'autres annonceurs, notamment le gouvernement britannique et des médias comme The Guardian ou la BBC, ont pris la même décision.
Le boycott a commencé ces derniers jours à s'étendre aux Etats-Unis, touchant d'énormes budgets publicitaires comme ceux des géants des télécoms AT&T et Verizon ou du fabricant de produits d'hygiène Johnson and Johnson.
Signe d'une certaine nervosité des investisseurs, Alphabet, la maison mère de Google, a perdu un peu plus de 20 milliards de dollars (MM$) de valorisation boursière depuis le début de la semaine.
La publicité numérique est en effet le principal moteur de la croissance de Google. Et les dernières désertions sont d'autant plus préoccupantes qu'elles sont intervenues après qu'il a tenté de désamorcer la crise en promettant de renforcer ses filets de sécurité.
Les analystes reconnaissent que l'affaire aura un impact financier pour le géant Internet, mais en relativisent l'ampleur pour l'instant.
Morgan Stanley rappelait jeudi 23 mars dans une note que les activités publicitaires de Google sont réparties entre "des millions de clients" et toute une série de plate-formes.
Celles concernées par le boycott ne représentent que 10% de ses recettes publicitaires nettes, et même avec une estimation "draconienne" des pertes de clients, l'impact devrait rester limité à environ 1% du chiffre d'affaires d'Alphabet, calcule la banque.
(Avec AFP)