Des médecins et cliniques du privé en grève le 30 mars prochain
La décision vient d’être prise par le Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) et l’Association nationale des cliniques privées (ANCP). Cette grève ne sera pas suivie par les praticiens affiliés au syndicat national des médecins du secteur libéral.
Une semaine avant l’annonce de la grève, une rencontre a eu lieu entre le Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP), l’Association nationale des cliniques privées (ANCP) et le ministère de la Santé.
Ni la promesse faite par le ministre de la Santé de se pencher sérieusement sur les doléances des deux associations, ni la position de l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) n’ont convaincu les médecins et cliniques privées d’annuler l’appel à une grève générale le 30 mars.
Pour rappel, l'Anam s’est dite favorable à la mise en place d’une nouvelle génération de convention nationale séparant celle des cliniques de celle des médecins, à l’adhésion volontaire des prestataires de soins, à la revalorisation de la tarification nationale de référence de certains actes et à l'introduction de nouveaux actes pour le remboursement.
Seuls les services d’urgence seront opérationnels ce jour-là, en plus des médecins non affiliés à ces deux associations.
Ce que revendiquent les médecins et cliniques du privé
Les acteurs privés de la santé affiliés à ces deux associations appellent à une accélération de l’entrée en vigueur du projet de loi n°98-15, instituant l’AMO en faveur des indépendants. Ce dernier a été adopté en août 2016 en commission par les deux Chambres, en plénière à la Chambre des conseillers. Reste son adoption en plénière à la Chambre des représentants et l’élaboration des décrets d’application.
Ils demandent également la révision de la convention nationale de l’AMO conclue en 2006. "Cette dernière devra être revue tous les trois ans, mais elle n’a pas été modifiée depuis la date de sa mise en place", déplore Mohamed Hssain, porte-parole du Collège syndical national des médecins spécialistes privés.
Autre revendication, la préservation de la dignité du praticien. "Le ministère doit revoir sa manière de destitution des médecins en cas d’erreur médicale et la campagne -de dénigrement- qui l’accompagne", ajoute Dr Hssain. En réponse à cette demande, le ministre de la Santé, en charge de la gestion des affaires courantes, a promis l’accélération du projet de loi portant sur la responsabilité médicale.