Reportage. Défilé bien orchestré avant le début du Conseil national du PJD
Le Parti de la Justice et du Développement a organisé son Conseil national extraordinaire le samedi 18 mars à Salé. Une réunion à huis clos, mais l’arrivée des cadres du parti a été parfaitement orchestrée et les déclarations se ressemblaient.
Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a tenu ce samedi 18 mars un Conseil national extraordinaire à la suite de la décision du Roi Mohammed VI d’écarter Abdelilah Benkirane du poste du chef de gouvernement et de le remplacer par Saâdeddine El Othmani. Plusieurs dizaines de journalistes et de reporters, du Maroc et de l’étranger, attendaient devant la salle des conférences du Centre sportif Moulay Rachid de Salé, qui accueille les travaux du conseil. Le parti de la lampe n’a cependant pas souhaité laisser la presse assister à ce rendez-vous tant attendu.
Tous les ténors du PJD, et surtout El Othmani et Benkirane, ont été assaillis par une forêts de micros, de caméras, de journalistes et de militants.

Nous avons donc assisté à une ruée des journalistes vers les voitures des responsables PJD à chaque fois que l’une d’entre elles arrivait au parking. Ce fut le spectacle le plus marquant durant cette matinée du 18 mars sur l’esplanade du Centre Sportif Moulay Rachid.
"Une réaction positive"
C’est à un défilé parfaitement orchestré que se sont adonnés les cadres du parti lors de leur arrivée au complexe à partir de 10 heures du matin. Si quelques uns d’entre eux ont accepté de livrer des déclarations, la grande majorité n’a fait que répéter la position relayée dans communiqué du secrétariat général du parti. "Nous allons réagir positivement à la décision royale et nous apportons notre soutien à celui qui a été désigné pour former le gouvernement". C’est la phrase qui sortait de la bouche des anciens ministres et membres du parti de la lampe.
Le premier à ouvrir le bal a été Aziz Rabbah, l’une des figures qui étaient considérées comme un éventuel remplaçant de Benkirane, et il a été le plus prolixe. Dans ses déclarations, l’ancien ministre de la logistique et du transport s’est voulu rassurant quant à la capacité de Saâdeddine El Othmani à mener à bien les tractations, mais aussi par rapport à l’homogénéité au sein du parti qui ne sera pas impactée quel que soit x.
Il a tout de même rappelé que les négociations pour la formation du gouvernement allaient reprendre mais que la donne a changé. "Aziz Akhannouch ne viendra pas avec les mêmes conditions lors des négociations, parce que les choses ont changé depuis hier. Nous avons fait des concessions, c’est aux autres maintenant de faire un effort", estime Aziz Rabbah.
Le Zaïm c'est toujours Benkirane
Saadeddine El Othmani, arrivé dans une petite berline accompagnée de Mustapha Baba l’ancien conseiller de Aziz Rabbah, a été surpris par la nuée de journalistes qui l’a assailli. "J’ai été surpris par ma nomination par Sa Majesté et j’attends les résultats du Conseil national pour entamer les négociations avec les autres partis", a-t-il précisé avant de se refuser à tout autre commentaire.

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, a été plus avare en matière de déclarations en descendant de son gros 4x4, mais a détaillé l’objectif de la réunion de ce samedi 18 mars. "Le Conseil national a toutes les prérogatives, il a le droit d’aller dans la même direction que le secrétariat général comme il peut décider de passer vers l’opposition", a lancé Lahcen Daoudi.
Un comité d’accueil exceptionnel a été préparé pour l’arrivée du secrétaire général, Abdelilah Benkirane. Voulant faire diversion pour empêcher les journalistes d’encercler leur "Zaîm", les membres du parti n’ont pas hésité à ressortir les slogans de la dernière campagne électorale.
Une opération ratée, vu que l’ancien chef du gouvernement a eu beaucoup de mal à sortir de sa voiture. Dans un spectacle digne d’une star populaire, Abdelilah Benkirane s’est dirigé vers la salle, entouré dans un premier niveau de ses gardes du corps et des micros des journalistes. Pour pouvoir livrer sa déclaration, il est monté sur une table. Finalement, vu le spectacle, il reste tout de même la star du parti malgré les derniers changements.
160 intervenants s'étaient inscrits pour cette session. La clôture n'aura lieu qu'en fin de journée.
Ci-dessous, toutes les déclarations de cette folle matinée.