Nouveau départ pour les relations américano-saoudiennes
Critiqué dans certains pays musulmans, le président Donald Trump a les faveurs de l'Arabie saoudite qui, en retour, redevient un partenaire clé de Washington après des années de froid.
Lors d'un entretien, mardi 14 mars à Washington, M. Trump et l'influent vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane se sont engagés à "un partenariat stratégique solide, large et durable basé sur un intérêt et un engagement communs pour la stabilité et la prospérité du Moyen-Orient", a indiqué la Maison Blanche.
Le prince Mohammed, 31 ans, est le premier dirigeant du Golfe à être reçu par le nouveau président américain. Dans le même temps, son père, le roi Salmane, poursuit en Chine, deuxième puissance économique mondiale et rivale des Etats-Unis, une tournée asiatique qui l'a conduit au Japon, en Malaisie et en Indonésie.
Cette offensive de charme menée tous azimuts par l'Arabie saoudite fait suite à une détérioration, sous l'administration de Barack Obama, des rapports entre Ryad et Washington, son allié traditionnel depuis plus de sept décennies.
M. Trump, dont l'élection avait été bien accueillie à Ryad, voit dans le royaume un partenaire essentiel pour la sécurité et l'investissement, selon des analystes.
"(Il) reconnaît que le leadership saoudien est le canal principal vers le monde musulman", souligne Salmane al-Ansari, président du Saudi American Public Relation Affairs Committee (SAPRAC).
Le chaleureux accueil réservé au prince Mohammed confirme que l'Arabie saoudite demeure, pour l'administration Trump, un facteur essentiel pour "la stabilité et la sécurité du Moyen-Orient et pour une prospérité économique mutuelle", précise-t-il à l'AFP.
Selon Anwar Eshki, chef du Middle East Center for Strategic and Legal Studies à Jeddah, M. Trump a invité le prince Mohammed pour se concerter sur "un plan pour le Moyen-Orient".
Ce plan vise à contrer l'Iran chiite, rival régional du royaume sunnite, et le groupe jihadiste Da'ech, précise ce général saoudien à la retraite, qui a visité Israël l'an dernier.
Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a qualifié l'Iran de "plus grand Etat soutenant le terrorisme" et principale source de déstabilisation du Moyen-Orient.
M. Trump avait promis durant sa campagne électorale de "déchirer" l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015. Mais il a convenu avec le prince Mohammed, selon la Maison blanche, de "l'importance d'affronter les activités déstabilisatrices de l'Iran dans la région, tout en continuant à évaluer et (à veiller) à la stricte application" de cet accord.
(Avec AFP)