17e congrès de l’Istiqlal: Le report de la dernière chance pour Chabat?
Alors que le congrès ordinaire qui doit élire le nouveau SG et renouveler les instances de l’Istiqlal, devait se tenir du 30 au 2 avril, des dissensions entre le camp de Chabat, qui veut rempiler et certains notables du parti qui soutiennent le candidat non-déclaré Nizar Baraka, ont reporté sine die l’organisation de cet événement qui se produit tous les cinq ans.
"Le report de ce congrès constitue la dernière chance de l’actuel secrétaire général de reprendre du poil de la bête alors que deux soutiens de poids ont quitté le navire pour rejoindre le clan Baraka. Si officiellement, le complexe Moulay Abdellah où doit se tenir l’événement n’est pas disponible et les commissions n’ont pas finalisé les rapports qui doivent être soumis au congrès, la vraie raison est que Chabat sent le parti lui échapper et qu’il veut capitaliser sur le blocage gouvernemental".
"Il parie que Benkirane, qui refuse l’entrée de l’USFP, n’aura d’autre choix que de faire entrer l’Istiqlal (sans lui) dans un gouvernement d’union nationale. Cette éventualité peu probable lui permettra d’aller au congrès et de se présenter au secrétariat général, auréolé d’une image de sauveur du pays."
Selon ce membre important du parti de l’Istiqlal, qui requiert l’anonymat, le ralliement de Abdessamad Kayouh, notable très influent de la région du Souss-Massa et Hamdi Ould Rachid, qui dispose d’un vivier électoral important à Laâyoune, au candidat non-déclaré Nizar Baraka, explique ce report de dernière minute à seulement 15 jours du congrès initialement prévu du 31 au 2 mars.
"Lors d’une réunion tenue vendredi 10 mars, Chabat et ses adversaires se sont affrontés sur le quota de délégués régionaux admis dans les congrès provinciaux et préfectoraux qui sont habilités à élire une partie du conseil national (soit 475 membres) et le secrétaire général."
La réclamation d'Ould Errachid et de Kayouh d’obtenir 20 et 30 sièges pour chaque région et de répartir les autres sièges sur la base du nombre des élus, des présidents de communes et des parlementaires a été rejetée par Chabat, car elle donnerait aux contestataires entre 60 et 90 sièges au conseil national, qui ne seraient pas acquis au secrétaire général sortant.
"Le désaccord était d’autant plus grand que ces votants régionaux désignent aussi une partie des 4.500 congressistes qui participent aux commissions administratives du congrès dont la plus importante est celle de la mise à jour des statuts, et notamment de l’article 54 qui énonce que tout candidat au secrétariat général doit obligatoirement faire partie du comité exécutif", conclut notre source.
Contacté par Médias24, Abdellah Bekkali qui préside le comité préparatoire du congrès, balaye d’un revers de la main cette lecture et affirme que le report s’explique par des problèmes logistiques.
"La préparation du congrès va bon train et ne rencontre aucun problème majeur. Une fois réglé le problème du lieu qui accueillera l’événement et la fin de la rédaction des rapports qui doivent être soumis au congrès, il devrait se tenir à la fin du mois d’avril ou au plus tard début mai", affirme Bekkali.
Quelle que soit l’explication, ce report montre que Hamid Chabat n’est plus assuré d’être réélu secrétaire général et qu’il doit faire face à une contestation qui s’organise et contamine même les notables qui lui étaient jusque-là fidèles.