Benkirane persiste et signe: l'USFP ne fera pas partie du gouvernement
Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, s’est adressé samedi à une partie de ses troupes, la jeunesse du monde rural. Pour ce qui concerne les tractations, il a affirmé qu’il n’acceptera pas l’entrée de l’USFP dans le gouvernement, même s’il a nuancé en affirmant qu’il a un problème avec Lachguar et pas avec son parti.
Comme toujours, le discours de Benkirane s’adressait, selon les passages, à des cibles différentes.
A son parti, il a rappelé et insisté sur le référentiel islamique et dans sa lancée, a curieusement rappelé comment “nous nous sommes opposées au “plan d’intégration de la femme au développement“. Curieusement, parce que l’adoption de la réforme de la Moudawana, votée par le PJD comme il l’a d’ailleurs rappelé, rend en principe ce rappel inutile.
“Nous défendons le référentiel islamique, tout en acceptant les réformes lorsqu’il y a lieu. Les Marocains sont soit musulmans, soit juifs, je ne connais pas autre chose. Si quelqu’un ne veut pas être musulman, qu’il le dise. Les juifs ont leurs propres tribunaux charaiques et leurs dispositions sont très rigoristes, l’enfant aîné hérite des biens de ses parents, à charge pour lui de prendre en charge la famille“.
Benkirane s’est également présenté comme un réformateur, en rappelant ce qu’il présente comme ses réalisations: “la suppression des subventions aux produits pétroliers, ce qui a permis d’économiser 100 milliards de DH en 4 ans au profit du budget de l’Etat“ ou la réforme des retraites, “l’un des plus beaux jours de ma vie“.
Dans le domaine politique, Benkirane affirme que son parti ne cherche pas à utiliser la démocratie pour conquérir le pouvoir: “Nous n’effectuons pas une conquête démocratique. (…) Nous sommes pour la stabilité du Maroc, les élus doivent se rassembler autour de Sa Majesté, ainsi que le gouvernement et les élites.“
Benkirane exprime du respect pour MAlki, “un militant de la nation“. Il a un problème avec Lachguar. “Si vous voyez l’USFP dans un prochain gouvernement, je ne suis pas Abdelilah“, annonce-t-il. Quelques cris “Allah akbar“ fusent (40’). “On ne peut pas immobiliser un pays pour un ou deux portefeuilles. On ne peut pas être utile à son pays lorsqu’on a détruit son propre parti“. Allusion à Lachguar et à l’USFP. “Laensar est un ami cher. J’ai tenu à la participation du RNI au gouvernement pour des raisons que je connais, personne ne me l’a demandé“. “Sa Majesté et le peuple m’ont remis la clé du gouvernement. Si Sa Majesté change d’avis, il n’y a aucun problème. Mais il connaît Othmani, Ramid, Rabbah, Yatim, il aurait pu choir un autre du PJD. C’est moi qu’il a choisi“. Aucun mot en sera prononcé, aucune allusion, concernant une demande d’audience au Roi pour annoncer l’échec ou les difficultés des tractations.