Première contestation en justice du décret Trump sur l'immigration
Hawaï est devenu le premier Etat américain à contester en justice le nouveau décret migratoire du président Donald Trump, dont l'offensive contre l'immigration clandestine semble porter ses premiers fruits.
Le ministre de la Justice de Hawaï, Doug Chin, a annoncé mercredi 8 mars avoir déposé une demande de suspension provisoire du nouveau texte, signé lundi 6 mars par le président américain.
Il interdit temporairement l'entrée aux Etats-Unis des réfugiés et des ressortissants de six pays à majorité musulmane (Iran, Libye, Syrie, Somalie, Soudan, Yémen) pour éviter l'infiltration de terroristes potentiels sur le territoire américain, selon l'administration.
"Rien n'a changé sur le fond: l'interdiction généralisée d'entrée (aux Etats-Unis) de pays à majorité musulmane (moins un) subsiste", a fait valoir le ministre hawaïen.
Seul l'Irak, qui figurait dans le décret initial, a été retiré de la liste.
Le 3 février, James Robart, un juge fédéral de Seattle (Etat de Washington) avait bloqué temporairement l'application de la première mouture du décret sur l'ensemble du territoire américain au motif qu'il provoquerait "un préjudice irréparable".
Puis, la cour d'appel de San Francisco avait maintenu cette suspension, estimant que le gouvernement n'avait pas démontré l'imminence de graves atteintes à la sécurité des Etats-Unis.
Cette fois, le ministre de la Justice Jeff Sessions a argué du fait que 300 personnes entrées aux Etats-Unis sous un statut de réfugié faisaient l'objet d'une enquête du FBI liée au contre-terrorisme, sans pour autant dire si ces individus venaient d'un des six pays visés par le décret.
Le nouveau texte, qui entrera en vigueur le 16 mars, a été amendé et atténué par rapport à la version du 27 janvier. Celle-ci avait provoqué une onde de choc dans le monde, la confusion dans les aéroports et mobilisé des dizaines de milliers de personnes pour faire reculer l'administration.
(Avec AFP)