Affichage. 65 MDH d’impayés à Casablanca, entre 2011 et 2016
Ce chiffre peut paraître dérisoire. Mais il ne représente que la partie visible de l’iceberg. Ce qui échappe au contrôle de la ville est beaucoup plus important, étant donné que la moitié des panneaux n’est pas déclarée, et pas un centime payé à la ville.
L’étude menée depuis début 2016 par le cabinet de consulting et d’ingénierie White House est bouclée. Les résultats qui en découlent ont permis de recenser tous les panneaux existants avec leurs coordonnées X-Y. Autrement dit, leur nombre et leur localisation précise. Reste toutefois à déterminer avec exactitude qui exploite quoi, sachant que la moitié n’est pas déclarée, selon ce qu'affirme Abdelaziz El Omari, maire de la ville
"Nous sommes en train de recouper nos informations avec les opérateurs. Une fois ce travail terminé, nous fixerons une date butoir au-delà de laquelle un panneau qui n’est pas en règle sera enlevé. Le recoupement sera finalisé fin mars", nous confie une source de la ville. C’est la manière douce qui est privilégiée, visiblement.
A Casablanca, une vingtaine opérateurs exploitent le réseau d’affichage. Sans surprise, "FC Com arrive en tête", souligne une autre source de la commune.
A terme, la gestion de l’affichage sera informatisée. Chaque panneau sera doté d’une puce électronique qui donnera des informations mises à jour et centralisées sur sa localisation, l’état du paiement des redevances, la société qui l’exploite,… Ce chantier sera bouclé en 2017, selon nos sources.
En se basant sur ces dernières données recueillies par cette étude de White House, une source à la ville affirme que 65 MDH d’impayés sont dus par des sociétés d’affichage. "Avec la réforme en cours, ce secteur devra rapporter 90 MDH à la commune durant 2017", avance notre source.
Ce n’est pas la première fois que la ville déclare vouloir mettre fin à l’anarchie qui caractérise la gestion de l’affichage. Ce fut le cas durant le mandat de Mohamed Sajid qui avait annoncé des mesures d’urgence consistant à enlever tous les panneaux installés sans autorisation. Il avait également évoqué le lancement d’une étude permettant de déterminer les lieux appropriés à l’affichage, le nombre de panneaux à autoriser, leur format,…. Mais au final, rien n’a été fait.
On peut donc reconnaître que l’actuel conseil a fait preuve d’audace dans la gestion de ce dossier. Mais le recensement effectué récemment n’est qu’une première étape. Le plus dur est de réussir à mettre de l’ordre dans un domaine marqué par la présence de lobbies très forts. Un secteur rentier où les enjeux financiers sont énormes. C’est sur ce point que sera jugée l’équipe de Abdelaziz El Omari.
En réalisant cet article, de nombreuses questions posées aux responsables de la ville sont restées sans réponse: Quelles sont les sociétés qui ne paient pas? Quelles ont été les recettes perçues ces dernières années? Comment sont fixées les redevances pour les panneaux fixes et déroulants? Combien de panneaux compte la ville?...