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Inondations, séismes, tsunamis… le Maroc peu préparé aux risques majeurs selon l'OCDE

Dans le cadre d'une mission de près de deux ans, l'OCDE a évalué les efforts du Maroc en matière de gestion des risques naturels, mais également en termes de prévention de ceux-ci. Le Royaume ne semble pas prêt à faire face aux catastrophes naturelles qui le menacent.

Inondations, séismes, tsunamis… le Maroc peu préparé aux risques majeurs selon l'OCDE
S. E. H.
Le 3 mars 2017 à 14h30 | Modifié 3 mars 2017 à 14h30

La gestion préventive des risques naturels au Maroc présente encore de fortes lacunes. C’est le constat d’une étude de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sur la gestion des risques naturels au Maroc, qui fournit un état des lieux de l’exposition du Maroc aux risques naturels, notamment les inondations, la sécheresse, les séismes et les tsunamis.

Au total, 6 territoires ont été visités, présentant des profils de risques et de vulnérabilités distincts:

-Tanger-Tétouan, région soumise aux risques d’inondation et de séisme;

-Agadir, soumise aux risques de séisme et de tsunami;

-Rabat et Casablanca, concentrant une part importante de la population et des actifs économiques et soumises aux risques d’inondation et de tsunami;

-La province du Haouz, soumise aux risques d’inondation et de sécheresse;

-Kénitra et la plaine du Gharb, faisant également face aux risques d’inondation et de sécheresse.

Des efforts infructueux

Dans son livrable, l’OCDE note qu’au Maroc, les politiques de gestion des risques sont "trop sectorielles, mono-risques, descendantes, insuffisamment inclusives et privilégiant la réponse d’urgence", ce qui induit des "déficits de gouvernance" se traduisant par l’inefficacité des ressources, mais aussi des efforts. Des efforts bien présents, mais qui n’apportent pas totalement leurs fruits.

"La coordination et l’alignement des différentes initiatives sur une stratégie commune restent insuffisants. Malgré l’implication d’un grand nombre d’acteurs, il n’existe pas de critère permettant d’évaluer les contributions respectives des mesures entreprises par chacun… ce qui augmente la difficulté d’attribuer les responsabilités et les ressources relatives à la gestion des risques de façon optimale", souligne le rapport.  

Dans ce sens, l’OCDE recommande d’attribuer une place à la politique des risques dans l’organigramme institutionnel du pays, et ce, à un niveau très élevé (un Haut commissariat, un ministère dédié, ou encore une présidence de comité interministériel).

Par ailleurs, l’OCDE souligne l’importance de préparer "la gouvernance de demain": "Puisque beaucoup d’enjeux de politiques publiques se déploient sur le long terme (urbanisation, infrastructures  de l’eau, des transports, de l’énergie, démographie, éducation, etc.), l’horizon temporel pour une évaluation des risques doit aller au-delà de celui des plans sectoriels habituels pour atteindre 50 ou 100 ans. Les impacts du changement climatique ou la survenance de tsunami ne peuvent se concevoir que sur des échelles de temps très longues", ajoute l’organisation.

D’où l’importance, pour celle-ci, d’une évaluation nationale comme base de sa stratégie de gestion de risques. Une sorte de cadre de référence pour toutes les décisions et politiques qui vont en découler: prévention, moyens pour la gestion de l’urgence, la reconstruction, le financement, ainsi que l’adhésion des citoyens. Qui plus est, l’OCDE préconise de développer une cartographie des risques au niveau territorial. 

Rareté des mesures préventives et gestion inefficace des urgences

Pour l’OCDE, les politiques de prévention des risques au Maroc sont trop axées sur l’eau. Environ 90% des dépenses de prévention dans le Royaume sont tournées d’une façon ou d’une autre vers l’eau, ses différentes fonctions et vulnérabilités, notamment avec la politique de construction des barrages.

D’autres risques ne font pas l’objet de politiques préventives, plus précisément le risque de tsunami auquel est confrontée toute la côte Atlantique marocaine: "Face à ce risque de faible occurrence, mais aux dommages potentiellement très importants pour le pays, un programme national de prévention du risque de tsunami devrait être initié au sein d’une réflexion plus profonde sur le développement côtier du pays", souligne l’OCDE.

En outre, l’instance estime que le volume des dépenses de prévention au Maroc est difficile à mesurer, tant la diversité de sources de financement est grande: plans sectoriels, infrastructures, fonds spécifiques à des ministères, etc.

D’une autre part, l’OCDE estime que la gestion des urgences dues aux risques naturels manque d’efficacité: "Les moyens de réponse apparaissent encore limités pour faire face à des crises de grande ou très grande ampleur", indique l’organisation.

Par exemple, pour les inondations, seuls 60% des bassins versants sont équipés d’un système de télémesure des hauteurs et débits d’eau, permettant de traduire la prévision météorologique en prévision de crue. Le réseau de marégraphes et balises pour les cas de houles et de tsunami n’est pas suffisant, de même que l’intégration d’images satellitaires en temps réel pour la surveillance et l’alerte.

Les lacunes subsistent aussi au niveau des secours: les moyens humains de la Protection civile (environ 8.000 personnes), soit un taux de 0,25 pour 1.000 habitants, sont encore relativement limités et l’appel aux Forces Armées Royales et aux autres forces de sécurité est souvent nécessaire en cas de risques majeurs.

In fine, l’OCDE attire l’attention également sur le secteur de la santé qui paraît largement en sous-capacité si un risque majeur devait se produire.

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S. E. H.
Le 3 mars 2017 à 14h30

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