Les chaebols sud-coréens priés de se réformer
Jadis moteurs de la croissance économique et source de fierté nationale, les chaebols sud-coréens, empires familiaux à la gouvernance opaque, suscitent aujourd'hui l’opprobre. Au beau milieu du scandale de corruption qui secoue le pays, la pression monte pour qu'ils se réforment.
L'inculpation, mardi 28 février, pour corruption de Lee Jae-Yong, héritier de l'empire Samsung, est le plus grand revers jamais subi par le premier fabricant mondial de smartphones.
Le scandale de corruption, à tiroirs qui a valu à la présidente Park Geun-Hye d'être destituée, fait planer des interrogations sur l'avenir de ces chaebols qui dominent la quatrième économie d'Asie.
En décembre, des millions de téléspectateurs éberlués avaient regardé les patrons des huit plus grands conglomérats être malmenés par une commission d'enquête parlementaire au sujet de millions de dollars de "dons" au profit de la confidente cachée de Mme Park, Choi Soon-Sil, au cœur du scandale.
M. Lee et les autres capitaines d'industrie, parmi lesquels les dirigeants de Hyundai, SK, LG et Lotte, ont tous démenti avoir ouvert leur portefeuille en échange de faveurs politiques. Tout en laissant entendre qu'ils faisaient régulièrement l'objet de pression de la part du sommet du pouvoir.
Les manifestants qui descendent régulièrement dans la rue pour décrier les agissements de la présidente dénoncent aussi ceux des conglomérats, avec pour toile de fond des tensions économiques et sociales croissantes.
"Ca devient la République des chaebols. Ils sont trop gloutons et trop puissants", dit à l'AFP Kim Jong-Rae, un employé d'assurance de 49 ans.
(Avec AFP)