Le smartphone, nouvelle cible des cybercriminels
Désormais véritable petit ordinateur de poche, le smartphone est particulièrement ciblé par les cybercriminels, attirés par la mine d'informations personnelles, adresses, déplacements, comptes bancaires, qu'ils peuvent y trouver.
"Les cybercriminels se déplacent là où est la valeur, et ils ont bien compris que le smartphone devient le terminal préféré pour les achats en ligne et le paiement. En France, en 2016, cela concernait 27% des achats réalisés en ligne", rappelle ainsi Tanguy de Coatpont, directeur général de Kaspersky Lab France.
Conséquence, déjà cibles des rançongiciels (ransomwares), ces programmes qui bloquent une partie des fonctions d'un appareil ou prennent en otage des données importantes qu'il faut payer pour débloquer, les smartphones sont envisagés comme une porte d'entrée vers des informations souvent essentielles de l'utilisateur.
Une tendance qui s'est accélérée l'année écoulée, avec une hausse de 20% des menaces en tout genre sur les mobiles équipés du système Android et 17% supplémentaires dans le cas des programmes malveillants visant les applications bancaires, selon l'entreprise slovaque de cybersécurité ESET.
"On observe une transformation du 'ransomware' mobile en cheval de Troie (logiciel ayant l'allure d'un programme normal mais contenant des codes malveillants, ndlr) bancaire. On observe de plus en plus d'attaques vers les applications bancaires notamment", estime Fabien Rech, directeur France d'Intel Security.
Un basculement des risques de cybersécurité semble même s'opérer, les ordinateurs, souvent mieux protégés désormais, n'étant plus la cible privilégiée des cybercriminels.
Une évolution que le fondateur de Kaspersky Lab, Eugene Kaspersky, estime être liée également à une question démographique: "L'ancienne génération est encore sur PC, mais les plus jeunes vont plus naturellement sur le mobile", dit-il.
Et personne n'est épargné car si Android, qui équipe désormais 80% des smartphones dans le monde, est la cible principale des cybercriminels, Apple et son iOS ne sont pas épargnés, même si les menaces diffèrent, du fait d'un environnement plus fermé.
Tenter d'intégrer un logiciel de fraude sur iOS pourrait être "plus simple car il existe peu d'appareils différents en circulation, comparés à ceux équipés d'Android, et peu de version d'iOS, du fait des mises à jour régulières", détaille ainsi Avishai Shoushan, PDG de l'entreprise israélienne ClicksMob.
(Avec AFP)