AMO. En 10 ans, la Cnops a payé 14,8 MMDH en tiers payant
Gestionnaire de l’AMO du secteur public, la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale a payé, de 2006 à 2015, 31 MMDH, dont 14,8 MMDH directement aux différents prestataires de soins dans le cadre des prises en charge en mode tiers payant.
Dans son dernier numéro de "Point de vie", la Cnops dresse le bilan d’une décennie de gestion du mode tiers payant. Trois postes ont engrangé 74% des 14,8 milliards de DH payés par la Cnops aux producteurs de soins: les hospitalisations (4,7 MMDH), les médicaments coûteux qui étaient servis notamment par la pharmacie de la Cnops (3,3 MMDH) et la dialyse (2,9 MMDH).
Dentaire: Presque du 100%
Les dépenses des cabinets dentaires mutualistes facturées à la Cnops sont de l’ordre de 821 millions de DH. Elles ont enregistré une évolution globale de 93% sur la période 2006-2015.
Les premières hausses ont été amorcées en 2008 suite à la revalorisation du tarif de responsabilité pris pour base de remboursement (10 DH au lieu de 6,5 DH).
Ce poste a connu aussi des évolutions importantes en 2014 (16%) et en 2015 (13%) suite à la décision de la Cnops d’adopter le tarif national de référence pour les prothèses dentaires et la révision du tarif de remboursement des soins dentaires pour atteindre 13 DH au lieu de 10 DH pour passer à 17,5 DH à partir de novembre 2015.
Notons que le secteur privé a accaparé 77% des dépenses de soins dentaires en 2015, contre 23% pour le secteur mutualiste. Les prothèses dentaires s’adjugent, quant à elles, 65% de ces dépenses, contre 29% pour les soins dentaires.
Accouchement: Explosion des césariennes
Les dépenses du poste accouchement ont quadruplé entre 2006 et 2015 avec une augmentation de 42% en 2008 suite à la revalorisation du tarif national de référence de la césarienne dans le secteur privé, passant de 6.000 DH à 8.000 DH à partir de février 2008.
Les dépenses consernant l’accouchement par césarienne sont passées de 39% en 2006 à 82% en 2015 de l’ensemble des dépenses du poste accouchement.
Une étude réalisée par la Cnops en 2013 a révélé des taux anormalement élevés du recours à la césarienne (56% en termes de fréquence), dépassant le seuil recommandé par l’OMS (entre 5% et 15%) et incitant les parties concernées à instaurer des mesures de maîtrise médicalisée de ce poste en constante évolution.
9 MMDH pour le privé
En termes de redistribution des dépenses en tiers payant, le secteur privé a accaparé de 2006 à 2015, quelque 8,9 MMDH. Les dépenses captées par ce secteur sont réparties entre les cliniques privées (4,9 MMDH), les centres et associations d’hémodialyse (2,6 MMDH) et les centres d’oncologie (548 MDH).
Le secteur public a absorbé 2 MMDH sur la même période, soit plus de 4,5 fois moins que le secteur privé.
Quant aux soins à l’étranger, elles ont enregistré des dépenses globales de 266 millions de DH. Leur part est passée de 3,1% en 2006 à 1% en 2015, traduisant ainsi l’évolution qualitative de la médecine au Maroc.