Fatigués et affamés, les Sud-Soudanais se réfugient au Soudan
Fatiguée et affamée, elle fait partie des centaines de Sud-Soudanais -principalement des femmes et des enfants- rassemblés lundi 27 février dans un "centre pour les réfugiés" à Al-Eligat, dans le sud du Soudan voisin, à moins de dix kilomètres de la frontière.
C'est un point de transit où les gens qui fuient la guerre et la famine sévissant au Soudan du Sud passent quelques jours avant d'être accueillis dans des camps de réfugiés permanents installés dans tout le Soudan.
"J'ai couru deux jours sans m'arrêter jusqu'à atteindre la frontière", raconte à l'AFP Rebecca James, qui vient d'une région où l'état de famine a officiellement été déclaré la semaine dernière.
"En chemin, j'ai vu des dames âgées mourant de faim et des jeunes hommes tués par balles", raconte cette femme de 35 ans vêtue d'une robe traditionnelle, qui a passé la frontière samedi 25 février avec ses enfants.
Plusieurs membres de sa famille sont morts de faim ou ont été tués dans les combats, dit-elle.
Le Soudan du Sud, la plus jeune des nations du monde, est né en 2011 après sa séparation d'avec le Soudan, et a sombré dans la guerre civile à partir de décembre 2013.
Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), environ 32.000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge au Soudan depuis le début de l'année et des dizaines de milliers d'autres devraient les imiter dans les mois à venir.
"Le niveau des arrivées a jusqu'à présent dépassé nos prévisions initiales", a expliqué le HCR.
Le Soudan accueille déjà environ 330.000 ressortissants de son voisin du sud depuis le début de la guerre civile.
"Les gens meurent de faim, ils n'ont pas de quoi manger. Plusieurs ont fui dans les forêts où il y a de la nourriture (...) et un abri", dit Peter Kwang, un chef de la tribu sud-soudanaise Neur, alors qu'il collecte des emballages alimentaires au centre d'Al-Eligat.
(Avec AFP)