“Ceinture bleue”, l'initiative marocaine pour une pêche durable
Faraj Abdelmalek, directeur de l'Institut national de recherche halieutique (INRH) a exposé durant la première session du cycle des conférences du salon Halieutis, certains détails de l'initiative marocaine "Ceinture bleue". Verbatim.
Acidification et élévation de la température des océans et du niveau de la mer, surexploitation des stocks ou mortalité massive des animaux marins... Face à ces problématiques environnementales globales dues aussi bien à la pêche non durable qu'aux effets du changement climatique, le Royaume avait présenté durant le sommet de la COP22 son initiative de "Ceinture bleue".
Faraj Abdelmalek, directeur de l'Institut national de recherche halieutique (INRH) en a dévoilé certains détails durant la première session du cycle des conférences du salon Halieutis d'Agadir.
Une plate-forme collaborative
"Cette initiative (ndlr, Ceinture bleue) vient renforcer notre stratégie nationale Halieutis et s'inscrire dans une démarche internationale de lutte contre les changements climatiques" a rappelé Faraj Abdelmalek, devant une assistance composée d'une pléthore d'acteurs publics et privés du secteur halieutique en Afrique, ainsi que d'experts et représentants d'institutions internationales à l'instar de la BAD et de la FAO.
"La stratégie Halieutis a permis de redresser certains stocks, d'orienter le secteur vers la croissance, de créer plus de valeur ajoutée, et à côté de cela, il y a des dangers auxquels nous devons faire face", a-t-il souligné. Et de poursuivre: "Il faut agir de concert avec les autres pays du continent et c'est pour cela que le Maroc a lancé l'initiative Ceinture bleue".
"La Ceinture bleue, c'est d'abord et avant tout une feuille de route ambitionnant un meilleur ancrage de la pêche et l’aquaculture dans l'économie bleue. Il y a des promesses au niveau de cette dernière. L'océan est la nouvelle frontière économique. Mais nous, Marocains et beaucoup de pays d'Afrique, voulons que la pêche et l'aquaculture, figurent parmi les priorités de cette économie bleue, car ce sont ces dernières qui alimenteront le monde dans le futur", a précisé le jeune patron de l'INRH.
"Notre initiative est dédiée à un espace prioritaire. Cette espace, ce sont les zones côtières qui regroupent et hébergent plus de 85% des captures mondiales et qui sont les plus fragiles", a fait savoir Faraj Abdelemalek.
"L'initiative se décline, entre autres, en une plate-forme collaborative qui permet non seulement de regrouper les efforts, les expertises et les échanges de connaissances autour de solutions des différents acteurs, mais surtout de mobiliser des financements pour la mise en oeuvre de ces projets" a-t-il ajouté. A noter que dès 2020, tout projet d'atténuation et d'adaptation présenté dans le cadre de la "Ceinture bleue" pourra bénéficier, selon ses concepteurs, de financements internationaux à partir de fonds qui s'élèvent au total à 100 MM$.
"La Ceinture bleue, ce sont également des solutions innovantes. Elles sont orientées utilisateur et projet, car évidemment la gouvernance, les stratégies nationales et internationales et tout ce que nous faisons pour réglementer et gérer les océans, sont nécessaires et indispensables, mais, on le voit bien, c'est insuffisant." Par solutions innovantes, le patron de l'INRH entend, à titre d'exemple, le renouvellement des flottes avec des bateaux de nouvelle génération (bateaux du futur) ou la mise en place de système d'observation côtière et d'alerte intégré et opérationnel", est-il indiqué sur la plate-forme.
Dans la même veine, Faraj Abdelmalek ajoute: "Il faut donc donner les moyens aux usagers de la mer d’être durables. Sinon à quoi ça sert de mettre en place une réglementation qui impose aux pêcheurs de ne pas détruire un stock, alors que leur outil de production est à la base destructeur".
"1,7 million de dollars pour l'étude de faisabilité des axes des projets prioritaires de l'initiative"
Interrogé par Médias24 sur les objectifs chiffrés en termes de financements de l'initiative Ceinture bleue, le patron de l'INRH a expliqué que cette dernière "n'est pas structurée comme une stratégie avec un plan d'investissements. Elle est centrée sur l'échange de connaissances et d'expériences entre les intervenants du secteur, et surtout l'engagement d'experts pour mobiliser des fonds internationaux au profit d'une économie halieutique à faible empreinte écologique."
Et d'illustrer: "Nous sommes à un stade avancé de discussions avec la Banque africaine de développement (BAD) pour bénéficier d'un don de 1,7 million de dollars pour étudier la faisabilité de certaines actions prioritaires de l'initiative".