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ECONOMIE

La gestion du cash coûte 7 MMDH à l'économie marocaine par an!

Le Maroc est un pays de cash selon les statistiques monétaires, et ce moyen de paiement coûte cher à l'économie du pays. La banque centrale finalise actuellement une solution de paiement mobile qui, dans ses ambitions, remplacera progressivement le cash.

La gestion du cash coûte 7 MMDH à l'économie marocaine par an!
El Mehdi Berrada
Le 14 février 2017 à 19h29 | Modifié 14 février 2017 à 19h29

La solution attendue de paiement mobile préparé conjointement entre Bank Al Maghrib et l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) est sur la dernière ligne droite. "Nous sommes toujours en train de travailler sur cette solution, que nous voulons à bas coût, et que nous pilotons aujourd’hui avec les différents établissements bancaires et les opérateur de télécoms", détaille Asmae Bennani, directrice en charge de la surveillance des systèmes et moyens de paiement à Bank Al Maghrib.

La responsable est venue expliquer la vision de la Banque centrale en matière de digitalisation bancaire lors d’une conférence-débat organisé par Diebold-Nixdorf le 14 février à Casablanca. Bank Al Maghrib se tient prête à accompagner la transformation de l’industrie bancaire en préparant la réglementation et en cherchant les meilleures pratiques au niveau international.

Si la solution du paiement mobile a été annoncée par BAM il y a quelques mois, la responsable a voulu justifier cette solution devant un parterre de banquiers.

La Banque centrale a donc opté pour une solution mobile, parce que le cash coûte trop cher pour l’économie nationale. "Le coût du cash est estimé à 7 milliards de DH par an. C’est beaucoup d’argent qui pourrait être utilisé ailleurs", argumente-t-elle.

Il faut savoir que le cash en circulation est estimé à 0,5% du PIB, selon la responsable de la Banque centrale, et il est principalement supporté par les banques. Ces flux représentent, en plus du manque à gagner en termes de dépôts, un coût élevé au niveau de la gestion quotidienne. Les établissements bancaires, agences et succursales, sont dans l’obligation de faire quotidiennement le tri, le ramassage et, entre autres, d'assurer la sécurité. Le même problème se pose d'ailleurs pour des entreprises qui vendent dans tout le Maroc des produits de grande consommation: lait, sodas, farines, lessives,...

D’un autre côté, on apprend que les recharges téléphoniques des trois opérateurs représentent annuellement plus de 11 milliards de DH en cash. Ajoutez à cela, tous les grands groupes qui doivent faire quotidiennement des tournées dans une partie des 70.000 points de vente pour livrer ou ramasser le cash. En fin de compte, il y a des montants énormes qui génèrent des frais et qui passent souvent par des circuits peu sécurisés.

Selon une étude faite par la Banque centrale, la valeur moyenne des transactions en cash tourne autour de 35 DH par opération. "Cette situation offre réellement la possibilité de créer une nouvelle solution de manière à capter ces flux, et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui nous ont poussés à réfléchir à une solution qui peut être compétitive par rapport au cash", estime Asmae Bennani.

La solution de paiement mobile pourrait donc remplacer progressivement les transactions effectuées avec du cash. D’autant plus que le Maroc présente un taux de pénétration du mobile très important. "La solution a fait ses preuves dans d’autres pays similaires au Maroc et les benchmarks choisis ont prouvé qu'il est possible de réduire de manière substantielle la part du cash dans les transactions", explique-t-elle. 

La digitalisation et la transformation numérique du secteur bancaire marocain est un long processus qui doit, absolument, être accompagné par la Banque centrale. 

D’ailleurs, sur la dernière révision de la loi bancaire, BAM a introduit de nouvelles dispositions et réglementations. De nouveaux acteurs ont donc été introduits dans le système bancaire, à l’image des établissements de paiement. "Ils seront habilités à ouvrir des comptes de paiement et à offrir des moyens de paiement à leur clientèle", explique Asmae Bennani.

L’objectif est d’instaurer davantage de concurrence et de compétitivité en termes de coût au bénéfice du client. L’offre sera elle aussi élargie en termes de solutions innovantes adaptées aux besoins évolutifs de l’utilisateur. "Cela va satisfaire de nouveaux modes de consommation grâce aux développement d’offres ciblées et plus compétitives", assure-t-elle.

La loi bancaire a aussi encadré le champ d’activité de ces établissements. "Les services proposés seront l’ouverture d’un compte de paiement, le transfert de fonds, le virement, le prélèvement et toutes offres de paiement électronique qui pourrait compléter", détaille-t-elle.

La nouveauté, c’est que BAM a permis le recours à des agents pour pouvoir distribuer ces produits et ces services de paiement. En d’autres termes, un agent peut être soit un agent principal, soit un agent détaillant. Ce dernier peut être l'épicier du coin qui serait mandaté pour offrir ce genre de service.

"Ce cadre réglementaire va nous permettre d’introduire les établissements de paiement, tout en sautant un certain nombre de freins réglementaires qui existaient avant. Et c’est cela qui nous a aidé à mettre en place une solution nationale de paiement mobile", conclut la responsable de la Banque centrale.

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El Mehdi Berrada
Le 14 février 2017 à 19h29

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