Flexibilité du régime de changes: Ce qu'en dit le rapport du FMI
Le Fonds monétaire international (FMI), dans son rapport annuel sur le Maroc, donne son feu vert au pays pour la transition vers un passage de régime de changes plus flexible.
Dans le cadre de sa surveillance périodique exercée sur la stabilité des économies des pays membres, le FMI affirme, dans son dernier rapport annuel, que la préparation du passage progressif à un régime de changes plus flexible a été complétée.
Dans ce sens, le FMI affirme que les autorités ont bénéficié d’un vaste programme d’assistance technique: "Celle-ci a permis aux autorités compétentes de se préparer à la mise en œuvre des principaux aspects techniques de la transition, à savoir la modélisation macroéconomique; le développement du marché des changes; et la stratégie de communication", souligne l’établissement de Christine Lagarde.
La communication, en temps opportun, est un point sur lequel le FMI insiste: "La communication est importante pour gérer les attentes des agents économiques concernant les modalités de transition", peut-on lire sur le rapport.
Celui-ci confirme également qu’une feuille de route de la réforme a été préparée, qui incorpore des réunions de sensibilisation aux banques, aux entreprises et au grand public.
Par ailleurs, le FMI affirme que, plus tard dans la transition, lorsque la marge de fluctuation sera assez importante, Bank Al Maghrib passera à un régime de ciblage de l’inflation. Le FMI estime toutefois qu’à présent, le maintien du régime actuel de politique monétaire permettra d’éviter tout conflit majeur entre l’adoption d’une cible formelle d’inflation et l’existence d’une bande de fluctuation de taux de change encore étroite.
En outre, le FMI et les autoriés compétentes marocaines se sont accordés sur la nécessité de ne pas éliminer les restrictions imposées aux résidents sur les sorties de capitaux à court terme, afin de minimiser les risques au moins durant les phases initiales de la transition.
La transition graduelle, un atout
L’administration de Christine Lagarde soutient la décision d’un passage graduel vers le régime de changes flexibles, consistant en l’introduction d’une bande de fluctuation qui détachera progressivement le dirham du panier monétaire actuel. Une approche graduelle qui permettra, selon le Fonds, une prise de décision de plus en plus basée sur les prévisions d’inflation.
Globalement, bien que dans "un contexte mondial de volatilité des conditions financières non dénué de risques", le FMI réitère son appréciation positive des fondamentaux de l’économie marocaine qui lui octroient une position de force: des réserves de change confortables; l'amélioration du cadre des politiques budgétaire, monétaire et financière; la pré-existence d’un marché de changes favorisant la gestion de la volatilité du dirham, en sont quelques exemples.
Qui plus est, le FMI indique que la répercussion des variations des taux de change sur les prix à la consommation demeurera relativement faible, selon ses estimations. En effet, il indique que l’alignement du taux de change sur les fondamentaux économiques du pays réduit le risque de grands ajustements.
Le FMI évoque également des risques de change limités au niveau de l’exposition de l’économie marocaine, eu égard à "un niveau bas de la dette publique en devises", qui atteint 30% du PIB: "Les dettes extérieures sont de longues maturités et le portefeuille d’investissements étrangers est modéré. L’exposition au risque de change chez les entreprises et les banques est limitée".