Le crédit bancaire redécolle en 2016, les créances en souffrance aussi
L'encours global du crédit bancaire a progressé de 4,2% à fin décembre 2016 en glissement annuel. L'encours des créances en souffrance a, pour sa part, grimpé de 7,1%. Leur concentration demeure plus importante au niveau des entreprises.
Selon les statistiques monétaires à fin décembre 2016 de Bank Al Maghrib, l’encours du crédit bancaire à fin décembre 2016 s’est élevé à 817,7 MMDH, marquant une évolution de 2,8% par rapport à novembre 2016 et de 4,2% en glissement annuel. Cette progression dépasse largement les prévisions de Bank Al Maghrib, communiquées en décembre dernier et qui estimait le taux de croissance du crédit bancaire à 3%.
Il faut dire toutefois que cette progression a été principalement tirée par le secteur tertiaire, qui a vu son encours du crédit bancaire grimper à 560,2 MMDH, soit une bonification de 8,3% par rapport à fin décembre 2015.
Toutes les branches du secteur affichent une évolution au vert, avec néanmoins une quasi-stagnation (+0,2%) de l’encours des crédits bancaires alloués au secteur touristique (hôtels et restaurants), à 16,6 MMDH.
Les secteurs primaire et secondaire affichent, quant à eux, des replis significatifs au niveau de la même variable. En effet, l'encours du crédit bancaire du premier secteur s'est établi à 29,8 MMDH, en repli de 10,9% par rapport à 2015, suivant ainsi la tendance de sa valeur ajoutée courant 2016. Au niveau du secteur secondaire, l’encours du crédit bancaire s’est établi à 227,5 MMDH, en régression de 2,8% par rapport à 2015.
Par ailleurs, l'évolution favorable du crédit bancaire recouvre une modeste progression de l’encours des crédits à l’immobilier. Celui-ci a progressé de 2,7% par rapport à 2015 pour s’établir à 247,5 MMDH. Une amélioration tirée principalement par la progression de 5,1% du crédit à l’habitat pour se situer à 188,7 MMDH. En revanche, l’encours des crédits aux promoteurs immobiliers a continué son déclin pour régresser de 3,7% en 2016 à 56 MMDH.
En 2017, l’encours du crédit immobilier global devra poursuivre son trend haussier, à un rythme toutefois modeste. Une prévision qui émane de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNIP), qui estime que la demande dynamique persistera surtout au niveau du crédit à l’habitat, car la promotion immobilière pâtit toujours des restructurations internes, et fait face à un durcissement des règles prudentielles des banques.
D’une autre part, l’encours des crédits à la consommation s’est apprécié de 5,5% pour se situer à 48,8 MMDH à fin décembre 2016.
L’encours des comptes débiteurs et des crédits de trésorerie s'élève à 172,3 MMDH, enregistrant une quasi-stagnation (+0,3%) à fin décembre 2016. Sur ce segment, la plus forte progression a été enregistrée au niveau du secteur du bâtiment et travaux publics (+24,6% à 18,9 MMDH).
Crédits à l'équipement: 6% de croissance
Ave un encours global de 158 MMDH à fin décembre 2016, c'est l'encours des crédits à l’équipement qui affiche les meilleurs taux de croissance sur l'année 2016: +6% en glissement annuel, ainsi qu’une progression de 11,7%, rien que par rapport à novembre 2016.
Une évolution là encore tirée par le secteur tertiaire avec un encours des crédits à l'équipement destinés au secteur se situant à 71,5 MMDH à fin décembre 2016, soit une progression de 14,9% en glissement annuel.
Le secteur secondaire s’en sort bien également par rapport à ce segment de crédit, puisque l’encours des crédits à l'équipement distribués au secteur enregistre une progression de 10,5% à 74,6 MMDH, principalement tirée par les industries chimiques et parachimiques avec une hausse de 43,8% à 2,6 MMDH.
Ceci dit, les industries du textile, de l’habillement et du cuir enregistrent une déingringolade de 39,7% au niveau de l’encours des crédits à l'équipement qui leur sont accordés. Celui-ci s’établit à 563 MDH à fin décembre 2016. Le secteur souffre de plusieurs aléas, dont l'informel et la contrebande, qui plombent ses investissements.
Par ailleurs, l’encours des crédits à l’équipement destinés au secteur primaire s’est replié de 2,4% en 2016, pour s'établir à 11,9 MMDH.
Accélération des créances en souffrance
L'évolution favorable du crédit bancaire a été toutefois accompagnée par une envolée des créances en souffrances. Celles-ci affichent, en glissement annuel, une croissance de 7,1% de leur encours, qui atteint 61,5 MMDH. Les créances en souffrance représentent ainsi 7,5% de l'encours global du crédit bancaire.
Cette hausse revêt:
- Une progression de 14% de l’encours des créances en souffrance auprès des sociétés non financières, qui se situe à 38,3 MMDH à fin 2016. Les créances en souffrance représentent ainsi 11,6% de l’encours du crédit bancaire alloué aux sociétés non financières, qui s’établit à 329,1 MMDH.
- Une progression de 18,3% de l’encours des créances en souffrance détenues sur les sociétés financières. Celui-ci atteint 792 MDH. Il reste insignifiant par rapport à l’encours global des crédits alloués à ce secteur et qui atteint 120,9 MMDH.
- Et une régression de 3,2% de l’encours des créances en souffrance détenues sur les ménages. Celles-ci atteignent, à fin 2016, 22,4 MMDH.