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ECONOMIE

Banque participative. La formation n’est pas encore au point

Si la Banque centrale et l’Exécutif semblent avoir fait le gros du travail concernant les banques participatives, c’est au niveau de la formation qu’il reste quelques lacunes. 

Banque participative. La formation n’est pas encore au point
El Mehdi Berrada
Le 27 janvier 2017 à 20h46 | Modifié 27 janvier 2017 à 20h46

Cinq nouvelles banques participatives et trois fenêtres dans des banques existantes sont attendues en 2017. Toutes auront besoin de ressources humaines formées dans les métiers de cette nouvelle industrie pour une meilleure entame de l’aventure.

Une problématique à laquelle seront confrontées toutes les composantes de ce futur écosystème et à laquelle un atelier a été dédié vendredi 27 janvier, lors du salon international de la finance éthique et participative (SIFEP) à Casablanca. Le débat a regroupé des universitaires issus du secteur privé ou étatique, ainsi que des professionnels de cette industrie.

Il reste beaucoup à faire

Les intervenants ont essayé de répondre à de multiples questions qui touchent à cette problématique. Tous se sont mis d’accord: il reste encore beaucoup à faire. "Les programmes mis en place par les universités publiques ou privées ne sont pas suffisants pour couvrir ce futur marché qui s’annonce important", estime Mohamed Boulif, directeur fondateur d’Al Maaliya, un cabinet de conseil en finance participative basé à Bruxelles et directeur de master à l'université privée Mundiapolis.

Et pourtant, les dirigeants des universités et les pouvoirs publics ont essayé de devancer le lancement de cette nouvelle finance. Quelques masters sont disponibles depuis 2012 et la grande vague est venue vers 2014, quand des établissements privés ont commencé à proposer des cursus professionnels.

"Le département ministériel de tutelle est conscient de l’importance de la formation et son rôle comme pilier fondamental dans cette future dynamique. Nous sommes et nous avons été disposés à accompagner cette nouvelle industrie. Nous sommes même prêts à adapter les programmes s’il le faudra et à lancer de nouvelles filières", promet un représentant du ministère de l'Enseignement supérieur qui a pris part au débat.

Copier, mais pas tout

Le Maroc ne commence pas de zéro pour lancer cette industrie vieille de 40 ans, vu qu’il est pratiquement le dernier pays musulman à s'y mettre. D’autres Etats, plus ou moins développés, ont sauté le pas et chacune des expériences a son degré de réussite. Tout cela pour dire que les benchmarks sur lesquels le Maroc pourrait calquer son modèle sont disponibles. Une littérature très riche l'est aussi. Elle lui permettra d’éviter de tomber dans les erreurs faites par les autres.

"Nous avons besoin de banquiers, d’assureurs et de professionnels dans le management, sauf qu’il faut que le raisonnement bascule du conventionnel classique au participatif qui respecte les percepts de la Charia", espère Mohamed Boulif. Pour cet expert, il faut apprendre des erreurs de la finance conventionnelle et essayer de ne pas la mimer si le Maroc ne veut pas connaître les mêmes dérapages qu'elle a enduré ces dernières années.

Et c’est bien, sur ce point précis que la formation professionnelle intervient. Elle permettra aux futures ressources humaines de raisonner "participatif" et de les adapter à ces nouveaux métiers.

"C’est un marché qui va se développer rapidement, et l’objectif est de donner les outils pour basculer dans la tête des cadres de ce logiciel conventionnel vers le nouveau", explique-t-il. Et cela est valable pour tout l’écosystème c’est-à-dire pour les banques, les assurances et le marché financier.

Actuellement, on compte un nombre important d’étudiants dans les filières "participatives". Mais problème. Les profils les plus pointus ne seront pas disponibles depuis le premier jour du lancement de cette industrie financière, selon les intervenants.

Les futurs acteurs - pratiquement tous sont des anciens établissements bancaires classiques - seront contraints de faire confiance à leurs anciens cadres. C’est, entre autres, pour pallier ce manque que les banques marocaines en ont fait appel à d’autres, étrangères expérimentées dans la finance participative, pour les partenariats.

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El Mehdi Berrada
Le 27 janvier 2017 à 20h46

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