Kantar Worldpanel veut créer son premier panel de consommateurs au Maroc
Kantar va lancer un panel composé de 2.000 foyers, qui fournira des données sur l'évolution du comportement d'achat de ses membres sur plusieurs années.
Kantar Worldpanel, filiale du groupe Kantar et expert mondial du comportement des acheteurs, va créer un panel de consommateurs au Maroc.
C’est ce qu’a annoncé Idriss El Ganari, directeur de développement Afrique et Moyen-Orient chez Kantar Worldpanel, lors d’une conférence organisée ce jeudi 12 janvier à Casablanca conjointement par le groupe Kantar et l’association marocaine du marketing et de la communication.
Kantar Worldpanel vise un échantillon représentatif de 2.000 foyers. Les membres de ce panel devront conserver les tickets et emballages faisant preuve de leurs achats, afin de les fournir aux enquêteurs de Kantar Worldpanel qui se déplaceront périodiquement chez eux et recueilleront auprès d’eux différentes informations comportementales liées à leur décision d’achat. Un suivi qui se fera sur plusieurs années, permettant ainsi de suivre l'évolution des tendances des consommateurs affectant le marché.
In fine, cette approche fournira des réponses à plusieurs questions: Comment l’achat s’effectue-t-il? A quelle fréquence? Qui achète quoi? Où et à combien? etc.
Kantar Worldpanel est filiale du groupe Kantar, l’un des principaux groupes mondiaux d’études, d’insights et de conseil.
Le circuit traditionnel prime toujours
Au Maroc, le circuit traditionnel d’achat (épiciers, petits commerces, vendeurs ambulants, etc), représente en moyenne 85% du circuit commercial global pour les produits de grande consommation. Un véritable challenge pour les entreprises et les cabinets d’études qui cherchent à comprendre ce circuit et à le modéliser, afin d'en tirer les principaux aspects du comportement du consommateur: "Au Maroc, ce circuit est énorme et complexité, et il ne faut pas l’ignorer", indique Stephen Hillebrand, président de Kantar MENA.
C’est dans ce sens que Driss Farissi, directeur général de Kantar TNS Maroc, a lancé une sorte de plaidoyer traitant de cette délicate problématique non seulement au Maroc, mais également dans différents marchés émergents. Un plaidoyer pour développer des outils spécifiques de compréhension et d’exploitation du potentiel du circuit traditionnel.
M. Farissi estime que la discipline ne manque pas de difficultés, surtout que le secteur pâtit d’une certaine désorganisation: "Aucun marché ou circuit n’est modélisable à 100%, mais la modélisation prévoit l’essentiel et les grands traits de la chose, et c’est ce qu’on essaye de faire", confie-t-il à Médias24.
Mais, il faut dire que, même si le circuit traditionnel a une place pesante dans la sphère commerciale marocaine, celui-ci se trouve sur une cadence régressive. Selon une étude de Nielsen, le nombre d’épiceries au Maroc s’est réduit entre 2010 et 2016, au détriment de nouveaux formats de proximité comme les supérettes, par exemple avec le turc BIM qui débarque dans de plus en plus de quartiers et qui inquiète les épiciers.
Par ailleurs, d'autres composants du circuit traditionnel, comme les laiteries (mahlaba), disparaissent graduellement pour se positionner sur d'autres activités, comme la restauration rapide: "Il est vrai que le circuit moderne s'élargit, mais disons que c’est un modèle dont on maîtrise déjà les rouages. C’est bien au niveau du circuit traditionnel qu’il reste beaucoup à faire et, tant qu’il prédomine, il ne faut pas l’ignorer", nous confie M.Idrissi.