Crédit immobilier: modeste progression prévue pour 2017, tirée par le crédit acquéreur
En 2017, l’encours du crédit immobilier devra poursuivre son trend haussier, à un rythme toutefois modeste. Une prévision qui émane de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNIP), qui estime que les règles prudentielles des banques plombent le rythme de progression de l'encours du crédit accordé au secteur.
Selon Youssef Benmansour, président de la FNPI, la demande pour le crédit immobilier, quant à elle, restera élevée en 2017: "S’il y a bien un marché demandeur du crédit, c’est bien l’immobilier", nous affirme-t-il.
Une demande dynamique surtout au niveau du crédit acquéreur (crédit à l’habitat dans la terminologie bancaire) accordé aux ménages, car l’encours du crédit à la promotion immobilière, lui, est en net ralentissement. Ceci sans tenir compte des restructurations en cours chez les grandes immobilières de la place.
La demande pour le crédit acquéreur est également influencée positivement par la faiblesse de l'épargne, selon notre interlocuteur: "S’ils n’ont pas accès au crédit, les ménages marocains n’achètent pas. Ils n’ont pas assez d’épargne pour financer leurs avances ou leurs acquisitions", nous confie-t-il.
Ceci dit, cette demande se heurte à un durcissement des règles prudentielles des banques. M. Benmansour estime que le secteur bancaire regarde l’immobilier d’un bon œil: "Lorsqu’un ménage prend un crédit à l’habitat, il est engagé pendant 15 ou 20 ans avec la banque, il peut loger ses salaires ou ses ressources dans cette banque, prendre des produits d’épargne, etc. Le ménage est un véritable fonds de commerce pour les banques, qui le regardent toujours d’un bon œil malgré les risques qu’il présente".
Il ajoute: "Les banques continueront donc certes à soutenir le secteur, mais elles le feront de façon plus sélective en se référant aux critères prudentiels retenus". Un constat qui présage donc une modeste progression de l’encours du crédit immobilier.
Les financements participatifs pour relancer la machine
Mais s’il y a un élément sur lequel l’économie marocaine doit tabler pour booster le crédit immobilier en général, et le crédit acquéreur en particulier, et ce dès 2017, c’est bien l’avènement des banques participatives, avec le potentiel d’inclusion financière qu’elles représentent, notamment auprès d’une population non bancarisée pour des raisons religieuses.
L’exemple de Dar Assafaa, filiale d’Attijariwafa Bank et unique société de financement participatif sharia compliant existant au Maroc avant l’octroi des agréments de Bank Al Maghrib aux nouvelles banques participatives, le prouve bien.
Son encours de "Mourabaha", principal contrat de financement destiné à l’immobilier et à la consommation, a progressé de 31% entre 2013 et 2014 seulement, passant ainsi de 520 MDH, à 682 MDH. C’est dire l’engouement attendu pour ce type de financement.
Retour sur l'évolution du crédit immobilier
Après des années d’euphorie aussi bien au niveau du crédit acquéreur qu’au niveau du crédit aux promoteurs, le rythme de croissance de l’encours du crédit à l’immobilier a ralenti depuis 2011, surtout au niveau de sa deuxième composante.
Cette tendance est visible au niveau des chiffres de Bank Al Maghrib (depuis Janvier 2010), compilés par Médias24 dans le tableau et graphe ci-après:


A vrai dire, les règles prudentielles bancaires y sont pour quelque chose. Près du tiers de l’encours du crédit à l’immobilier est détenu par les promoteurs immobiliers, dont une portion importante est concentrée au niveau d’un certain nombre de grands opérateurs immobiliers de la place.
Ces opérateurs, ayant pâti de crises d’endettement comme le groupe Addoha et Alliances Développement Immobilier, ont conduit les banques à revoir leurs conditions d’octroi de crédits, surtout que le risque immobilier commençait à peser lourd sur l’ensemble des crédits distribués à l’économie nationale.