Pour l'USFP, les tractations gouvernementales de Benkirane sont “inconstitutionnelles”
L’USFP a critiqué la voie adoptée par le chef de gouvernement désigné dans la formation du futur gouvernement. Suite à la réunion du bureau du parti, jeudi 5 janvier, l’USFP a rendu public un communiqué dans lequel il qualifie la manière avec laquelle M. Benkirane a géré ce dossier de "vision étroite".
Dans un communiqué publié jeudi 5 janvier, l'USFP donne sa lecture des tractations en affirmant que son premier secrétaire avait accepté l'entrée au gouvernement pour être ensuite surpris par le comportement de Benkirane qui s'est borné à opposer les partis les uns contre les autres, avant d'opter pour une majorité étriquée qui ne correspond pas aux challenges auxquels fait face le Maroc.
Joint par Médias24, Younes Moujahid, porte-parole du parti de la rose a d'abord rappelé que le chef de l'Exécutif et la coalition gouvernementale qu'il validera? s'exposeront à des responsabilités importantes en termes de politiques internes et internationales du pays. Selon lui, le communiqué comporte plusieurs points essentiels qui méritent d'être portés à la connaissance des Marocains.
"Le premier concerne la méthodologie utilisée par le chef du gouvernement pour négocier la composition du futur gouvernement. Benkirane n'a pas cessé de tergiverser en jouant sur plusieurs tableaux et en jouant au chat et à la souris avec les partis politiques concernés par la formation de l'exécutif. Un jour, il affirmait vouloir un gouvernement incluant la Koutla (Istiqlal, USFP, PPS). Le lendemain, il se prononçait pour la reconduction de la majorité sortante (PJD-PPS-RNI-MP)", dénonce Moujahid.
Notre interlocuteur poursuit que le secrétaire général a fait plusieurs effets d'annonces qui se sont révélés fausses et que devant tant de dédits et de manque de clarté, l'USFP considère qu'il a été manipulé voire trahi.
Le porte-parole de l'USFP insiste surtout sur la démarche inconstitutionnelle des membres du secrétariat général du PJD qui ont annoncé la reconduction de la majorité sortante alors que cette tâche incombait au chef du gouvernement.
"Selon la Constitution, c'est Abdelilah Benkirane que le Roi a nommé pour former le gouvernement, et non pas les instances exécutives du parti de la lampe. Leur démarche est donc inconstitutionnelle", lâche notre interlocuteur qui pense que le chef du PJD veut régler ses comptes avec l'USFP et l'UC, en les excluant de la future coalition.
Pour Moujahid, ce qui intéresse Benkirane n'est pas de former un exécutif avec une large majorité mais plutôt de punir ses anciens détracteurs. L'exemple le plus parlant est le torrent de boue qui s'est abattu sur le candidat de l'USFP au perchoir de la Chambre des représentants. Habib El Malki a, en effet, été moqué par les troupes et la presse du PJD pour s'être porté candidat à la présidence de la Chambre basse.
"Notre parti va poursuivre ses rencontres avec les autres partis politiques concernés par ces pourparlers et prendre des mesures appropriées. Je ne peux pas vous dire à l'avance quelle sera notre réponse exacte mais nous espérons prendre une position commune et claire pour dénoncer la démarche déplorable de Benkirane", conclut Moujahid.