Conseil national de l'Istiqlal: Hamid Chabat cherche à redevenir fréquentable
Selon un bon connaisseur de l'Istiqlal, Hamid Chabat a manoeuvré pour apparaître comme une victime si jamais il était évincé du parti ou si l'Istiqlal était écarté du gouvernement. Il a fait profil bas et le communiqué final du Conseil national du parti, tenu le samedi 31 décembre à Rabat, a même reconnu les frontières internationales de la Mauritanie.
Hamid Chabat a réuni ce samedi 31 décembre une salle pleine et conquise, dans le cadre d’une session extraordinaire du Conseil national (parlement) du parti.
Au moins trois noms significatifs étaient présents dans la salle et l’ont longuement applaudi: Hamdi Ould Rachid, Noureddine Mediane et Abdelouahed Fassi, le fils du zaïm Allal et ex-opposant à Chabat.
Il y avait également des absents remarqués: Taoufik Hejira, président du Conseil national, Yasmina Baddou, Karim Ghallab, tous trois membres du comité exécutif, que Chabat veut traduire devant un conseil de discipline pour déclarations médiatiques. M'Hamed El Khalifa, signataire du communiqué des leaders historiques contre Chabat, était également absent.
Dans son discours d’ouverture, Chabat a transmis les messages suivants:
-Chabat n’est pas candidat à un portefeuille ministériel.
-Les négociations avec Benkirane seront menées pour le compte de l’Istiqlal par Mohamed Soussi, Bouamar Taghouane, Hamdi Ould Rachid.
-D’ici le congrès de fin mars, le secrétaire général délèguera une partie de ses attributions à une commission, sans autre précision.
-L’Istiqlal maintient sa participation au gouvernement.
-Les contestataires sont des “traîtres“.
-Si l'Istiqlal ne participe pas au gouvernement, il apportera néanmoins son soutien à M. Benkirane.
Le discours était entrecoupé de moments d'émotion et de larmes de la part de Chabat.
Cette posture s'est retrouvée également dans la déclaration finale dont le seul objectif semblait être de désamorcer, à l'avance, l'ensemble des critiques qui ont suivi les déclarations de Chabat sur la Mauritanie.
Ainsi, on y apprend que l'Istiqlal est "mobilisé derrière Sa Majesté le Roi pour l'unité territoriale du Royaume et l'oeuvre de développement qu'il conduit". Second point: l'Istiqlal est attaché à "l'unité et à l'intégrité territoriale de la Mauritanie soeur". Ces deux points représentent la moitié de la déclaration.
Les autres décisions annoncées dans l'après-midi après une séance à huis clos du Conseil national, étaient sans surprise: négociation avec Benkirane pour l'entrée dans le gouvernement par une délégation comprenant les trois noms ci-dessus, ensuite conseil de discipline pour les trois contestataires Taoufiq Hejira, Yasmina Baddou et Karim Ghallab, confimation du congrès national fin mars et d'ici là, des attributions du secrétaire général (sans autre précision) seront déléguées à d'autres dirigeants (Abdallah Bekkali, Noureddine Mediane, Abdelkader Kihel).
Une session que Chabat a voulu comme une démonstration de force et un plébiscite qui lui est adressé. A ce stade, personne ne sait si ce sera suffisant pour le maintenir à la tête du parti fin mars.
Le texte final essaie d'effacer les déclarations de Chabat sur la Mauritanie et de revenir au contexte d'avant ces déclarations.
Elle insiste sur la participation au gouvernement et retire les déclarations de Chabat sur la Mauritanie. En d'autres termes, si l'Istiqlal est évincé, ce ne sera pas de la faute de Chabat, ni de ce parti.
De son côté, Benkirane, que cette posture embarrassera car elle lui rappelle lourdement la parole donnée, a préféré attendre la déclaration finale du Conseil national avant d'annoncer sa décision. Maintenant, cela ne saurait tarder.
Pour ce qui concerne l'Istiqlal, les contestataires vont probablement réagir.
Ci-dessous, la lecture de la déclaration finale: