Istiqlal: Hamid Chabat poussé vers la sortie par les siens
Après ses déclarations sur la prétendue marocanité de la Mauritanie, le secrétaire général de l’Istiqlal apparaît de plus en plus seul au sein de son parti. Yasmina Baddou, membre du bureau politique se joint aux nombreuses voix qui ont désavoué publiquement Hamid Chabat. Cette condamnation laisse penser que le leader pourrait être rapidement éjecté de la tête de l’Istiqlal.
Ambiance de fin de règne à la tête du parti nationaliste et historique du Maroc, où les langues commencent (enfin) à se délier sur la personnalité de leur Zaïm.
Après le communiqué virulent de l’ancien secrétaire général, Abbas El Fassi, le président du Conseil national de l’Istiqlal, Toufiq Hejira (voir par ailleurs) a nommément mis en cause son secrétaire général.
Contactée par Médias24, l’ancienne ministre de la Santé, Yasmina Baddou précise que ce nouveau communiqué dénonçant le secrétaire général engage l’ensemble de l’appareil de l’Istiqlal.
"Les propos qu’il a tenus sont irresponsables et peuvent avoir des conséquences très graves pour l’intégrité territoriale du Maroc, qui est un des trois fondements du PI (parti de l'Istiqlal). Notre responsabilité est de dénoncer son attitude, qui ne nous engage pas et nuit à notre parti. Même si Chabat a prétendu avoir le soutien des cadres du parti, nous nous désolidarisons complètement de lui".
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A la question de savoir si la fin de Chabat est à l’ordre du jour et si une procédure de destitution est envisagée, Baddou préfère temporiser, tout en affirmant que l’heure est grave.
"Par ses propos irresponsables, le secrétaire général a montré qu’il n’en faisait qu’à sa tête en faisant fi des conseils de retenue que lui avaient prodigués MM. M’hamed Boucetta et Abbas El Fassi.
"A l’Istiqlal, nous avons pour règle de respecter l’avis précieux de nos anciens zaïms, qui ont cumulé de longues expériences, mais Chabat n’a pas jugé utile de s’y soumettre. Nous affirmons donc à l’international et à la Mauritanie que sa position n’est pas celle de notre parti", précise Baddou.
Malgré notre insistance, notre interlocutrice a refusé de répondre à l’éventuelle mise à l’écart du secrétaire général, même si elle confirme que la grogne "totale et absolue" s’est répandue comme une traînée de poudre à l’Istiqlal.
"Chaque chose en son temps et les prochaines heures montreront ce qui va être entrepris pour que l’Istiqlal redevienne le grand parti mesuré et modéré avec de vrais femmes et hommes d’Etat", conclut le membre du bureau politique.
Un demi-aveu, qui sonne comme un requiem pour celui qui était pressenti à la tête du perchoir et qui n’a pas cessé de défrayer la chronique politique avec ses changements de positionnement depuis son arrivée à la tête de l’Istiqlal.