Derrière les chiffres officiels, la stagnation du tourisme étranger de séjour au Maroc
Les chiffres de l'Observatoire marocain du tourisme confirment le (faible) recul du tourisme étranger de séjour. Des professionnels estiment que la promotion est insuffisante, alors que l'offre marocaine est compétitive. L'ensemble des indicateurs est en berne. Cette situation est masquée par des chiffres officiels globaux qui intègrent les mouvements de RME.
Trois éléments limitent les dégâts de l’année touristique 2016:
-la tenue de la COP22
-les touristes nationaux qui améliorent les taux d’occupation des hôtels
-les arrivées de MRE, Marocains résidents à l’étranger.
Les chiffres de l’observatoire du tourisme à fin octobre (avant la COP), le confirment. Pour les 10 premiers mois de l’année, les arrivées de touristes étrangers de séjour aux postes-frontières ont baissé de 3,3% et celles des MRE ont augmenté de 4%. De sorte que le chiffre global des arrivées atteint 8,9 millions de touristes (+0,4% par rapport à la même période de 2015).
La France, qui reste le principal marché émetteur pour le Maroc est en recul de 2%.
Le nombre global de nuitées hôtelières a augmenté de 2% pendant la même période. Marrakech et Agadir génèrent 60% des nuitées totales. Le taux global moyen d’occupation est de 40%.
Les recettes globales générées par l’activité voyages des non-résidents est de 55,4 MMDH à fin octobre, contre 53,3 MMDH pour la même période en 2016 (+3,9%).
Des professionnels joints par Médias24 font une lecture assez féroce des chiffres et déplorent le manque de promotion sur la France, principal marché émetteur, qui est en recul :
-Les MRE sauvent la mise: 3,7 millions d’arrivées de janvier à octobre 2010, puis 4,4 millions pour la même période de 2015 et enfin 4,6 millions en 2016.
-les MRE dépassent désormais assez nettement les touristes étrangers de séjour : 4,6 millions de janvier à octobre 2016 pour les premiers; 4,3 millions pour les seconds, pour al même période.
-Toujours pendant la même période (octobre-janvier): le taux d’occupation hôtelier, toujours à Marrakech était de 51% en 2010 et de 48% en 2016.
-Le taux d’occupation hôtelier a reculé à Agadir de 61% en 2010 à 51% en 2016.
-Les arrivées de touristes étrangers de séjour à Marrakech ont reculé en 2016 de 13% en 2016, par rapport à 2015 et de 2% par rapport à 2010.
Dans une situation où il n’y a qu’un gouvernement de gestion des affaires courantes, le tourisme est livré à lui-même. La vision 2020 apparaît comme un rêve lointain et hors de portée.