Ahmed Toufiq cible du PJD à Fès
Les brigades électroniques du PJD se livrent depuis les élections du 7 octobre, à un feu nourri de critiques contre le ministre des Habous et des Affaires islamiques. Ce vendredi 2 décembre, un palier a été franchi avec le boycott d'une mosquée suite à la révocation de l'imam par le ministère de tutelle. La mobilisation s'est faite sur instigation d'une figure connue du PJD.
Des manifestations ont eu lieu, ce vendredi 2 décembre, devant et à l'intérieur de la mosquée Youssef Ibn Tachfine, dans la ville de Fès, suite à la révocation de l’imam Mohamed Abiat.
En effet, Mohamed Abiat a été révoqué par le ministère des Habous et des affaires islamiques, après avoir exprimé, dans son prêche du vendredi dernier, des positions à caractère politique.
"En deux ans, deux imams ont été révoqués, sous prétexte d'avoir mélangé entre l'islam et la politique", a déclaré un des manifestants à "Al Majalla 24" . En réalité, la loi empêche toute activité politique à l'intérieur des mosquées. Cela a été rappelé à plusieurs reprises au cours des trois dernières années, par un Dahir qui organise le travail des préposés, par le rappel de la nécessaire neutralité des préposés religieux à l'occasion des législatives ou encore par cette formule d'Ahmed Toufiq: "la religion est unique, la politique est plurielle".
Dès le début des tractations pour la formation du gouvernement, Ahmed Toufiq et Rachid Benmokhtar ont fait l'objet de virulentes attaques de la part des brigades du PJD, dont les fameux "Chevaliers du PJD", devenus "Chevaliers d'Al Islah" mais également sur des pages de dirigeants ou militants, comme celle de Abdessamad Al Idrissi, membre du secrétariat général et ex-député.
Ci-dessous, ce dernier attaque le ministère des Habous, accusé de mener une politique basée sur les "restrictions" [ou le harcèlement]. Pour bien stigmatiser le ministre ciblé, il partage une vidéo selon laquelle le ministre défend Mawazine, un "festival de la débauche".
Le PJD a-t-il des vues sur le champ religieux? conteste-t-il Imarat Al Mouminine et la gestion du champ religieux par Amir Al Mouminine et lui seul? Veut-il sortir le ministère des Affaires religieuses du champ des ministères de souveraineté pour prendre ce portefeuille? Ou bien veut-il s'opposer à toute action consistant à séparer le politique du religieux sur le champ partisan?
Ou bien les brigades sont-elles devenues réellements autonomes et l'imbrication du politique et du religieux tellement forte dans ce parti que cela échappe à tout contrôle?