Rapport: 95% du personnel pénitentiaire veulent quitter. La DGAPR répond
85% des employés souffrent de maladies psychiques, un médecin pour 800 prisonniers, un chirurgien dentiste pour 1.200 et un infirmier pour 190. Les chiffres sont choquants.
Le syndicat national des cadres de la Délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAPR) vient de publier son 1er rapport sur la situation des employés des prisons au Maroc pour la période 2013-2016.
Sur les 928 employés concernés par l'étude, soit 10% de l’ensemble du personnel du secteur, 85% souffrent de maladies psychiques et de dépression à cause de leur travail. 95% ont exprimé leur envie de quitter le travail.
Le syndicat souligne dans son rapport que les employés travaillent dans des conditions très délicates et dans un environnement dangereux, dénonçant l’emplacement des établissements pénitentaires généralement en dehors de la zone urbaine.
Le rapport relève que 48% des employés travaillent entre 9 et 12 heures par jour, plus de 12 heures pour 22%. Cette situation, poursuit le rapport, impacte leur moral. 74% des employés ressentent un sentiment de mépris de la part de la société.
Par ailleurs, le rapport évoque la problématique des détenus provisoires, qui représentent 40% de l'ensemble des prisonniers. Il n'y a qu'un médecin pour 800, un chirurgien dentiste pour 1.200 et un infirmier pour 190 détenus.
Le Maroc compte plus de 76.000 prisonniers en 2016, selon les chiffres du ministère des Finances. Le nombre d’employés s’est élevé à 10.939 en 2016, soit une moyenne d’environ un employé pour 7 prisonniers (contre un employé pour 3 détenus selon les normes mondiales).
La DGAPR réagit
Le rapport ne repose sur aucun fondement scientifique et méthodologique reconnu pour diagnostiquer la réalité d'un secteur professionnel comme celui de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion et ne fait mention d'aucun critère adopté à cet effet, réplique la DGAPR.
En réponse à ce qu’elle a considéré comme des allégations contenues dans ce rapport, la DGAPR a souligné avoir adopté un nouveau statut qui a permis l'intégration de deux tiers des cadres administratifs et techniques, à leur demande, dans les corps du personnel de surveillance et de sécurité, précisant que le fait que la catégorie restante s'exprime au nom de l’ensemble des employés du département, dont le nombre est de 11.000, ne fait que tromper l'opinion publique.
La DGAPR a dit prendre en charge la promotion des conditions de travail du personnel du département, toutes catégories confondues, au même titre que leurs conditions sociales, via une batterie d'actions et de mesures à propos desquelles elle a communiqué avec l’opinion publique à plusieurs reprises.